Aris Messinis remporte le Visa d'or pour son travail sur les migrants

Le photographe grec Aris Messinis, qui travaille pour l'AFP, a reçu le samedi 3 septembre le Visa d'or, le plus prestigieux prix du festival de photojournalisme Visa pour l'image.

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Aris Messinis, reporter photo travaillant pour le bureau de l'Agence France Presse (AFP) d'Athènes, a remporté le samedi 3 septembre le Visa d'or, dans la catégorie "News", du festival international de photojournalisme Visa pour l’image, qui se tient actuellement à Perpignan.

Le photographe a été récompensé pour son travail illustrant l'arrivée massive de migrants sur l'île grecque de Lesbos, en 2015. Ses séries bouleversantes donnent à voir des scènes de vie prises au plus près de l'action, lors d'opérations de sauvetage. À l’été 2015, Lesbos, porte d'entrée de l'Europe, était devenue l’épicentre de la crise des migrants. Des milliers de réfugiés d’Irak, de Syrie et d’Afghanistan embarquaient alors depuis les côtes turques sur des canots pneumatiques pour tenter de rejoindre l’île.

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"J’ai documenté leur lutte pour une vie meilleure", a déclaré le photographe de 39 ans, en recevant son prix, lors de la soirée de clôture de la semaine professionnelle du festival. Une récompense également saluée par le PDG de l'Agence France Presse, Emmanuel Hoog dans un communiqué : "Notre photographe Aris Messinis a réalisé un travail remarquable sur les migrants avec cette série forte, émouvante et dérangeante""Ce Visa d'or vient aussi récompenser l'ensemble des équipes de l'AFP qui rendent compte partout en Europe et Moyen-Orient de la crise des migrants", a-t-il ajouté.

"La souffrance humaine ne diffère pas de celle qu'on croise dans une guerre"

Responsable de la photo au bureau athénien de l'AFP, Aris Messinis est revenu sur les coulisses de son travail dans un post publié sur le blog Making-of de l'AFP :

"J'ai travaillé en Syrie et en Libye. Photographier la guerre, je connais. Quand on va là-bas, on s'attend à ce genre de scènes. Mais pas à Lesbos. À Lesbos, la souffrance humaine ne diffère pas de celle qu'on croise dans une guerre. De savoir que ce n'est pas le cas rend les choses encore plus émotionnelles. Et beaucoup plus douloureuses."

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Témoin de scènes souvent difficiles, le photographe affirme qu'il a, à plusieurs reprises, lâché son appareil pour tenter de venir en aide aux migrants : "Quand on couvre une guerre, on est menacé aussi, alors on est d’une certaine façon davantage sur un pied d'égalité avec les gens qu’on photographie. Mais ici, on ne risque rien. C'est pourquoi, souvent, je lâche le boîtier et j’aide. C’est un besoin."

C'est ainsi la deuxième année consécutive que l'AFP remporte le Visa d'or. L'an dernier, la récompense avait été attribuée au photographe de nationalité turque Bülent Kiliç, pour son travail illustrant le passage des réfugiés à la frontière turco-syrienne en 2014.

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Par Marie Campistron, publié le 05/09/2016

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