Attente interminable et perte d’identité : portrait(s) des demandeurs d’asile au Royaume-Uni

Dans une série photo émouvante, le photographe anglais Sam Ivin se questionne sur ce que signifie être un demandeur d’asile en Grande-Bretagne.

Palestine, temps d’attente : 5 mois. (© Sam Ivin)

"Que signifie être un demandeur d’asile au Royaume-Uni ?". C’est après s’être posé cette question que le photographe anglais Sam Ivin a eu l’idée de sa série photo Lingering Ghosts ("fantômes persistants", en français). Dans son travail, l’artiste s’est toujours intéressé à la façon dont les problèmes sociaux ont des conséquences sur les individus. En documentant leur histoire de leur point de vue, il souhaite offrir une compréhension plus concrète du monde.

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Dans une série de portraits douce et sincère, le photographe veut témoigner de ce sentiment d’incertitude que ressentent les réfugiés une fois sur le sol britannique : "Ils attendent l’obtention du statut de réfugié et deviennent alors des 'lingering ghosts'", peut-on lire sur son site Web.

L’Angleterre est devenue la destination de rêve pour des milliers de migrants qui sont prêts à tout, même à affronter la mort, pour rejoindre cet eldorado. Curieux, le photographe a effectué des recherches pour comprendre pourquoi ils étaient en Grande-Bretagne.

Après avoir visité plusieurs centres d’accueil près de l’aéroport d’Heathrow, où il est devenu bénévole, il a pu échanger avec plusieurs réfugiés. C’est là qu’il se rend compte à quel point les demandeurs d’asile vivent dans l’anxiété et l’attente du statut de réfugiés. Durant ce délai, ils ne sont pas permis de travailler, ni de voyager. Il raconte dans une interview à LensCulture :

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"Certains passent des années en stand-by sans rien à faire et sans pouvoir contribuer à la société. C’est une situation extrêmement frustrante et déprimante. L’inefficacité de la bureaucratie m’a mis en colère. J’ai voulu créer un travail qui retranscrit ce sentiment destructeur. C’est alors que j’ai décidé de gratter mes pellicules à l’aide d’un couteau. J’aime cet effet "fantôme" qu’il donne à certaines personnes, tandis que d’autres, les traits apparaissent plus comme des cicatrices."

Comme des photos de passeport, ces portraits retranscrivent cette épouvantable perte d’identité. Sam Ivin adopte une approche contemplative loin de celle des médias et nous livre avec émotions des images écorchées d’une dizaine de migrants de tous âges et de toutes nationalités.

Zimbabwe, temps d’attente : 21 ans. (© Sam Ivin)

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Iran, temps d’attente : 5 ans. (© Sam Ivin)

Pakistan, temps d’attente : 8 mois. (© Sam Ivin)

Kurdistan, temps d’attente : 3 ans. (© Sam Ivin)

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Sudan, temps d’attente : 1 an. (© Sam Ivin)

Liban, temps d’attente : 1,5 an. (© Sam Ivin)

Azerbaïdjan, temps d’attente : 13 ans. (© Sam Ivin)

Érythrée, temps d’attente : 7 ans. (© Sam Ivin)

République Démocratique du Congo : 15 ans. (© Sam Ivin)

Syrie, temps d’attente : 1 an. (© Sam Ivin)

Le photographe est exposé du 19 août jusqu’au 25 septembre au Sarum College à Salisbury en Angleterre. Vous pouvez aussi le suivre sur Instagram et Twitter.

Par Dounia Mahieddine, publié le 20/09/2017

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