Cet ado documente l’enfer de la guerre en Syrie à travers des selfies postés sur Twitter

En utilisant les réseaux sociaux, Muhammad Najem attire l’attention du monde entier sur le sort des 400 000 civils victimes du régime de Bachar Al-Assad.

Muhammad Najem, âgé de 15 ans, poste des selfies et des vidéos sur Twitter, dans lesquelles il raconte son quotidien dans la région de la Ghouta, en Syrie. Depuis deux semaines, les quelque 400 000 civils bloqués sur place sont victimes des attaques menées par le régime de Bachar Al-Assad, soutenu par la Russie et l’Iran. La Ghouta, dans la banlieue de Damas, est l’un des derniers bastions de la résistance au régime.

La région était l’une des premières à se soulever pacifiquement, en 2011. Depuis, elle est restée un symbole de la résistance syrienne. Le 18 février dernier, les forces du régime ont lancé une intense campagne aérienne contre ce territoire d’une centaine de kilomètres carrés. Plus de 600 civils, dont 147 enfants, ont péri en 10 jours, comme le rapporte Europe 1.

Très actif sur les réseaux sociaux, Muhammad Najem montre au monde entier le chaos qui règne sur place. Dans l’une de ses vidéos les plus impressionnantes, on peut voir le tout jeune reporter juché en haut d’un immeuble. Derrière lui, une ville dévastée disparaît dans des nuages de fumée.

Les images de corps mutilés que poste le jeune homme sont parfois d’une violence inouïe. Son but est clair : alerter la communauté internationale.

#SaveGhouta

Ses messages – enregistrés tantôt en arabe, tantôt en anglais – sont souvent suivis du hashtag #SaveGhouta. Muhammad Najem poste également des moments de la vie quotidienne.

Il raconte les sorties pour aller chercher du bois, les écoles qui ont fermé, ainsi que la vie sans électricité et sans eau. En véritable reporter, il recueille aussi les témoignages d’autres enfants. Certains d’entre eux n’ont jamais connu que la guerre.

Ouvert le 7 décembre dernier, son compte Twitter est déjà suivi par plus de 16 000 personnes. Selon Le Figaro, l’ONU espère pouvoir livrer de l’aide humanitaire dans sa région "d’ici quelques jours".

Traduction : "La Russie est un état qui occupe la Syrie, et la trêve ratée dont j’ai parlé est juste là pour dissimuler ses crimes, tous ces meurtres d’enfants, de femmes dans la Ghouta orientale et pour se faire passer pour un messager de la paix et non de la guerre #SaveGhouta."

Traduction : "Des douzaines d'avions russes et syriens visent la Ghouta orientale avec toutes sortes d'armes #SaveGhouta."

Traduction : "Les avions russes et syriens bombardent les civils avec 90 frappes aériennes, 50 morts, plus de 250 blessés et destructions massives."

Traduction : "Ce sont quelques-unes des photos de mon école qui a été détruite par les avions de guerre. Il y a aussi beaucoup d'écoles qui ont été totalement détruites dans la Ghouta orientale et maintenant les enfants sont sans éducation pour une raison inconnue. Pourquoi al-Assad détruit nos écoles ?"

Traduction : "Un de mes amis a été tué et l’autre a été blessé. C’est l’image de mon ami Salim après avoir quitté l’hôpital hier après les raids violents qui ont plu sur sa maison, située près de chez moi. Je vous aime tellement et je vous souhaite, à vous et à tous les enfants du monde, paix et sécurité #SaveGhouta."

Traduction : "Plus de 400 000 civils meurent de faim, de maladie et sous les bombardements au napalm. Les activistes de la Ghouta orientale lancent le hashtag #SaveGhouta."

Traduction : "Nous savons que vous vous êtes lassés de nos images sanglantes, mais nous continuerons à faire appel à vous. Bachar Al-Assad, Poutine et Ali Khamenei ont tué notre enfance.

Sauvez-nous avant qu’il ne soit trop tard. Quel est ce monde où on peut envoyer des machines sur Mars, mais où l’on ne peut rien pour empêcher un des gens d’être tués ?"

Traduction : "Bonjour au peuple américain. Nous sommes le peuple de la Ghouta orientale. Le monde nous regarde mourir de faim et sous les bombes. Regardez ce massacre.

C’est la même chose qu’en Europe il y a 80 ans. Pourtant nous sommes aujourd’hui au XXIe siècle. Ne faites pas comme le reste du monde et aidez-nous."

Par Clothilde Bru, publié le 01/03/2018