En images : cette photographe fait poser les clients des prostituées de Rio

Dans sa série "Gentlemen's Club", la photographe Cristina de Middel a décidé de tourner son objectif vers des acteurs de la prostitution qu'on interroge jamais : les clients.

Bienvenue au "Gentemen’s Club" ! Ce n’est pas un vrai club, mais une série de photos qui nous invite à réfléchir, signée par la photographe Cristina de Middel. Ce travail met en lumière les protagonistes les plus invisibles de la prostitution : les hommes.

"Si les extraterrestres débarquaient sur Terre et qu’ils essayaient de comprendre ce qu’est la prostitution, ils croiraient sûrement qu’il ne s’agit que de femmes nues dans des chambres sales. Avec 'Gentlemen’s Club', j’ai essayé de rendre visible l’autre moitié." 

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Pour tirer le portrait des clients réguliers des prostituées, Cristina de Middel est allée à Rio de Janeiro, où la loi n’interdit pas la prostitution adulte (l'échange d'argent contre un rapport sexuel), mais condamne les maisons closes ou le fait d'employer des prostitués d’autres façons.

En juin 2015, la photographe fait passer une publicité dans un journal local, cherchant des hommes qui avaient déjà eu recours à des prostituées et qui accepteraient de poser contre rémunération. D’après la photographe, les réponses furent très nombreuses, et elle a dû choisir avec attention les participants à son projet.

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(© Cristina de Middel)

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(© Cristina de Middel)

Les hommes étaient rémunérés entre 25 et 40 euros, soit le montant moyen qu’ils auraient déboursé pour s’assurer les services d’une prostituée. La photographe a sélectionné les modèles elle-même. Elle leur a donné rendez-vous dans un bar et leur a expliqué le projet avant d’obtenir leur consentement (ou pas).

Les modèles ont des âges et des parcours de vie très différents. Parmi eux, on trouve Silvio, 28 ans, agent de sécurité en boîte de nuit, mais aussi Walter, 50 ans, célibataire endurci dont le seul recours est les prostituées.

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Par ces portraits intimistes, pris dans des chambres à la lumière tamisée où ont eu lieu les ébats sexuels, Cristina de Middel nous fait voir les réalités que nous écartons. D’après la photographe, sa série ne milite pas pour la légalisation de la prostitution, son but est simplement de "raconter l’histoire en entier".

Mais ce n’est pas du goût de tout le monde.

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(© Cristina de Middel)

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La photographe explique que sa série "Gentlemen’s club" a été refusée par un grand nombre de publications sous prétexte qu’elle n’était "pas adaptée au lectorat familial". Elle a sa propre interprétation de ces refus :

"C’est un prétexte fallacieux ! Les mêmes magazines ont publié beaucoup d’histoires sur la prostitution par le passé. Ce niveau d’hypocrisie est embarrassant. Les journaux condamnent la prostitution et les prostituées, les traitent comme des reclus, mais quelques pages plus loin, les pages pubs sont pleines d’annonces de prostituées qui proposent leurs services."

"Gentlemen’s Club" est un projet en cours que Cristina souhaite poursuivre au Mexique, en Thaïlande et éventuellement à Amsterdam. Dans tous ces endroits, la prostitution est dépénalisée, mais régulée par la loi.

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(© Cristina de Middel)

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(© Cristina de Middel)

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(© Cristina de Middel)

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(© Cristina de Middel)

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(© Cristina de Middel)

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(© Cristina de Middel)

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(© Cristina de Middel)

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(© Cristina de Middel)

Traduit de l'anglais par Dario

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Par Justina Bakutyte, publié le 12/05/2016

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