Entre ennui et soif de vie, la jeunesse islandaise mise à nu avec poésie dans une série de portraits

Les paysages ne sont étonnamment pas la facette la plus fascinante de l’Islande. Sa jeunesse, elle aussi, a son mot à dire.

© Julian Klincewicz & Grace Ahlbom

En séjour à Paris, le photographe Julian Klincewicz rencontre Snorri − un jeune Islandais de 16 ans à la peau aussi claire que ses yeux − devant son hôtel, et tombe immédiatement sous le charme de sa beauté unique. Retrouvant l’adolescent qu’il était à travers le jeune garçon, l’artiste construit autour de lui un projet vidéo de trente minutes sur les représentants de la jeunesse islandaise.

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Il associe alors l’objectif de sa caméra à l’appareil photo de Grace Ahlbom, qu’il admire et embarque dans une virée en Islande, où ils rencontrent la bande de Snorri. Là-bas, au cœur des terres immaculées, les deux artistes découvrent une jeunesse intrinsèquement lassée de ces sublimes paysages.

"C’était très révélateur, parce que quand je pense à l’Islande, je pense à l’un des plus beaux endroits de la planète, mais c’est véritablement à l’opposé de ce à quoi ressemble l’adolescence là-bas", explique Julian Klincewicz au magazine Dazed.

© Julian Klincewicz & Grace Ahlbom

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De cette collaboration, naît PURE, DESIRE, une série intime et sincère qui capture en 35 mm l’ennui et la frustration de cette adolescence qui gronde en autarcie. Les clichés documentent la vie de ces jeunes qui grandissent loin de tout, à l’abri du divertissement de proximité qu’offrent les métropoles qu’ils rêvent de rejoindre un jour.

"Je me rappelle avoir 16 ans et regarder les Strokes dans une émission MTV et pleurer parce qu’ils étaient tout ce que je rêvais d’être : c’étaient des stars, ils étaient cool, ils étaient grands, ils faisaient de la musique… PURE, DESIRE décrit parfaitement ce sentiment.

En grandissant, l’expression du désir prend des connotations plus troubles, voire sexuelles, mais à 16 ans, je pense que le sentiment d’être adolescent correspond simplement à la volonté de devenir quelqu’un. C’est pur."

Un ennui qui, selon Grace Ahlbom, peut finalement se révéler salutaire :

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"Quand les gens s’ennuient, il est plus facile de voir qui ils sont réellement, en fonction de ce qu’ils choisissent de faire. C’est une expression plus organique, parce qu’il ne leur reste que l’option de créer quelque chose avec ce qu’ils ont, ou n’ont pas, autour d’eux."

Nimbés de la lumière douce des levers et couchers de soleil qu’on ne trouve qu’au bout du monde, les portraits reflètent les rêves d’affranchissement comme les envies d’ailleurs de ces témoins de l’ombre de la vie islandaise. Si l’injustice qu’ils ressentent est tout à fait relative et leur rébellion (innocente) se déroule en sourdine, il suffira de leur pardonner. Après tout, le fardeau de l’adolescence est déjà bien lourd à porter.

© Julian Klincewicz & Grace Ahlbom

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© Julian Klincewicz & Grace Ahlbom

© Julian Klincewicz & Grace Ahlbom

© Julian Klincewicz & Grace Ahlbom

© Julian Klincewicz & Grace Ahlbom

© Julian Klincewicz & Grace Ahlbom

© Julian Klincewicz & Grace Ahlbom

© Julian Klincewicz & Grace Ahlbom

Par Marie Jaso, publié le 28/05/2018

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