Ice is Black, l’expédition monochrome de Laurent Baheux qui sublime le Grand Nord

En capturant la faune des territoires glacés et des paysages à couper le souffle, le photographe français souligne l’importance de la préservation de ces zones arctiques en sursis.

Polar bear - Tendresse éternelle sur neige en sursis, Baffin Island, Canada, 2016. (© Laurent Baheux)

Tandis qu’on commence à se plaindre de la chute des températures dans notre Hexagone (et qu’on se refile accessoirement l’inévitable rhume de saison), Laurent Baheux revisite de son côté un périple saisissant qui rend notre climat actuel immédiatement dérisoire. Après nous avoir fait rencontrer la faune indomptable du continent africain dans son ouvrage Album de famille de l’Afrique sauvage paru en 2015, le photographe originaire de Poitiers revient avec un nouveau projet pour le moins glacial. Cette fois-ci, direction la banquise de l’hémisphère Nord et son environnement aussi déroutant que bluffant.

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En l’espace de trois années consécutives, de 2014 à 2016 plus exactement, Laurent Baheux s’est donné pour mission d’immortaliser la faune polaire de trois zones différentes du globe. Tout a démarré au Svalbard, un archipel situé loin au large de la Norvège, baignant dans l’océan Arctique. Là-bas, le photographe aguerri a bravé la toundra pour capturer dans son appareil une pléiade d’animaux majestueux. Des rennes, des phoques, des isatis (mais si, ces renards polaires à la fourrure immaculée)… tous font irruption dans les clichés de l’explorateur.

Prochaine escale dans son itinéraire loin de toute forme de civilisation ? L’Islande. Cette destination aura surtout été l’occasion pour le photographe français de saisir à travers son objectif des étendues vraisemblablement infinies de sable noir, parsemées de blocs de glace protéiformes et survolées par des oiseaux peu craintifs du froid.

L’année suivante, Laurent Baheux délaisse les terres islandaises pour mettre les pieds au Canada. Ignorant les métropoles hyperactives à la Toronto et Montréal, il part à la conquête de l’Île de Baffin, localisée dans la zone du Nunavut. Bien entendu, il n’est au bout du compte pas si dépaysé que cela, les températures frigorifiques étant toujours au rendez-vous.

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Polar fox, Svalbard, 2014. (© Laurent Baheux)

Fidèle à ses travaux précédents, Laurent Baheux mobilise ses talents de portraitiste animalier en réalisant des clichés tellement précis et léchés qu’on en viendrait presque à ressentir la texture du pelage des ours blancs de Scandinavie. Par-dessus tout, ses photos, particulièrement celles témoignant d’un face-à-face direct entre l’artiste et l’animal, réussissent à capter une émotion rare, conférant à la bête sauvage une profondeur quasi humaine.

Par le biais de cette expédition tout en images, le photographe enfile sa casquette d’activiste environnemental pour pointer du doigt les dangers du réchauffement climatique. Il opte pour une démarche empathique, espérant secouer les esprits les plus étriqués grâce à des photos édifiantes qui mettent à l’honneur la faune arctique dans sa plus grande simplicité et majesté. Capturés dans un noir et blanc qui est devenu sa marque de fabrique, ces instants contemplatifs portent un regard bienveillant sur une nature qui nous est essentiellement inconnue, et pourtant si familière.

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Ice is Black est un projet photographique captivant qui nous encourage à réévaluer notre impact sur l’environnement de la planète. Pour les plus curieux, le livre photo retraçant l’excursion glaciale de Laurent Baheux est à paraître dès octobre 2017 aux éditions teNeues.

Polar bear with cubs, Baffin Island, Canada, 2016. (© Laurent Baheux)

Polar bear, Svalbard, 2014. (© Laurent Baheux)

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Black clouds on top of the snowy moutain. (© Laurent Baheux)

Floe landscape with icebergs, Baffin Island, Canada, 2016. (© Laurent Baheux)

Seal, Svalbard, 2014. (© Laurent Baheux)

Polar bear - Ours blanc en son royaume, Svalbard, 2014. (© Laurent Baheux)

Ice, black sand and birds, Iceland, 2015. (© Laurent Baheux)

Reindeers, Svalbard, 2014. (© Laurent Baheux)

Par Florian Ques, publié le 25/09/2017

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