Des Iraniennes condamnées à de la prison pour s'être exposées sur Instagram

Les autorités iraniennes passent au crible les réseaux sociaux et principalement Instagram pour lutter contre la propagation de contenus "anti-islamiques". Douze personnes auraient été arrêtées. 


La chasse aux photos sur les réseaux sociaux continue en Iran. Depuis mars dernier, les autorités iraniennes ont lancé le programme "Araignée II", qui surveille entre autres la diffusion d'images sur Internet. Si Facebook et Twitter sont interdits en Iran, Instagram est toujours accessible dans le pays. Bien que l'utilisation de l'appli semble tolérée, les contenus qui y sont postés sont extrêmement contrôlés. En effet, au mois de mai dernier, huit personnes avaient été arrêtées par le tribunal iranien en charge de la cybercriminalité pour avoir, comme le relate le site de l'Obs, proposé "un contenu immoral et une culture anti-islamique".

"Des crimes organisés"

L'objet de ces terribles contenus ? Des selfies, tout simplement, et des images de femmes non voilées. D'après Javad Babaie, juge au tribunal chargé de la cybercriminalité, il serait de leur devoir "d'agir contre ceux qui commettent de manière organisée de tels crimes". De nouvelles actions ont alors été mises en place ce lundi 5 décembre, puisque douze personnes, dont les noms n'ont pas été révélés, ont été arrêtées et condamnées à des peines de prison.

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Comme l'explique le site Mashable, huit femmes et quatre hommes ont été condamnés à des peines allant de cinq mois à six ans de prison pour les faits suivants : "Propagation de la prostitution et corruption." En Iran, le port du hijab est toujours obligatoire dans les lieux publics, et publier des photos de femmes non voilées relève donc de la criminalité. La mannequin Elham Arab en avait fait les frais en mai dernier. Après avoir été arrêtée, la jeune femme avait dû s'expliquer devant le procureur de Téhéran en direct à la télévision. Elle expliquait qu'elle regrettait la publication de ses photos où elle apparaissait non voilée sur les réseaux sociaux et invitait les jeunes iraniennes à ne pas "commettre la même erreur".

Propager les mœurs occidentales

Au-delà du conservatisme, l'Iran considère Instagram comme un véritable danger. Le gouvernement verrait en l'application américaine une manière de diffuser les mœurs et modes de vie occidentaux au sein du pays. La célèbre Kim Kardashian serait d'ailleurs dans le collimateur des autorités iraniennes, puisque Mostafa Alizadeh, l'un des porte-parole de la lutte contre la cybercriminalité, aurait même déclaré : "Le directeur d’Instagram Kevin Systrom souhaite importer le mannequinat en Iran et Kim Kardashian est chargée de faire le travail."  Kim serait-elle un agent secret capable de corrompre la jeunesse iranienne ? Nous ne sommes pas certains. En revanche, nous pouvons constater que le chemin est encore long pour pouvoir jouir de libertés fondamentales dans le pays.

Par Lisa Miquet, publié le 09/12/2016

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