Entre Histoire et exploits sportifs, les Jeux olympiques immortalisés par Raymond Depardon

Durant plusieurs décennies, Raymond Depardon a immortalisé les Jeux olympiques : des images fortes, qui racontent notre histoire contemporaine.

Stade olympique universitaire de Mexico, Mexique, 14 au 16 octobre 1968. Épreuve de 3 000 mètres steeple masculin. (Raymond Depardon/Reporters sans frontières)

Alors que les Jeux olympiques d’hiver battent leur plein à Pyeongchang en Corée du Sud, nous vous proposons un flash-back sur des éditions précédentes de la compétition internationale à travers des photos de l’incontournable Raymond Depardon.

En effet, le photographe a immortalisé – entre autres – les Jeux olympiques de Tokyo en 1964, ceux de Grenoble en 1970, ou encore ceux de Montréal en 1976. Sa série intitulée Olympiques mêle des photos de différentes cérémonies des JO. Si les clichés ont été pris à des époques et des lieux différents, la série fait preuve d’une véritable continuité : le décor du stade olympique conjugué au noir et blanc de Depardon nous sortent de tout cadre spatio-temporel précis.

"Un photographe de sport est armé pour s’aventurer sur n’importe quel autre terrain"

Aussi bon dans l’exercice de capturer l’insignifiant que l’extraordinaire, Raymond Depardon a immortalisé le dynamisme des athlètes, la tension de leurs muscles, l’effort durant l’épreuve ou encore l’excitation dans les tribunes. Comme le relate Reporters sans frontières dans son album consacré aux images de Depardon, le photographe explique qu’immortaliser ces événements sportifs a amélioré sa pratique de la photographie :

"Le sport est peut-être la spécialité qui apprend le mieux à bien 'voir'. Un photographe de sport est armé pour s’aventurer sur n’importe quel autre terrain. Au bord des stades olympiques, j’ai un peu eu l’impression de devenir moi-même un athlète. Avant une grande course ou un grand concours, je ne mangeais plus, je ne buvais plus, je ne parlais plus. Pour le champion, c’est un an de préparation pour un exploit. Pour moi, c’était une demi-journée d’attente pour une photo."

Bien loin de simplement photographier une compétition sportive, Depardon relate aussi l’Histoire. En 1968, il a pu photographier le poing levé des athlètes afro-américains à Mexico, puis en 1972, durant les Jeux olympiques de Munich, il a immortalisé l’effroyable prise d’otages orchestrée par une organisation palestinienne. Des images fortes, qui, à travers le prisme du sport, racontent notre histoire contemporaine. Des clichés à découvrir dans l’ouvrage Les JO de Raymond Depardon, 100 photos pour la liberté de la presse édité par Reporters sans frontières.

Stade olympique de Mexico, Mexique, 18 octobre 1968. L’Américain Lee Evans, médaille d’or et recordman du monde du 400 mètres, lève le poing sur le podium, comme l’ont fait la veille Tommie Smith et John Carlos. Mais il n’est pas exclu comme eux des JO, et pour cause : avec Vincent Matthews, Ron Freeman et Larry James, il remporte deux jours plus tard la médaille d’or et le record du monde du 4 x 400 mètres… (Raymond Depardon/Reporters sans frontières)

Stade olympique de Tokyo, Japon, 15 octobre 1964. Après avoir réalisé 9 secondes 9 en demi-finale, l’Américain Bob Hayes, dit "Bullet Bob" (1942-2002), devient champion olympique en 10 secondes, avant de décrocher une deuxième médaille d’or en relais 4 x 100 mètres. (Raymond Depardon /Reporters sans frontières)

Munich. Le nageur américain Mark Spitz remportera sept médailles d’or lors des Jeux olympiques de 1972. (Raymond Depardon/Reporters sans frontières)

Centre du stade Lénine, Moscou, URSS, juillet 1980. Spectateurs d’épreuves de gymnastique. (Raymond Depardon /Reporters sans frontières)

Vous pouvez vous procurer l’ouvrage Les JO de Raymond Depardon, 100 photos pour la liberté de la presse pour 9,90 euros en kiosques et librairies ou sur le site de Reporters sans frontières.

Par Lisa Miquet, publié le 20/02/2018