La beauté des immeubles post-soviétiques à travers des murs abandonnés

Un petit tour en images derrière le Rideau de fer.

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© Alessandro Calvaresi et Elena Amabili, Soviet Innerness.

Il n'y a probablement pas d'endroit dans le monde entier qui ne possède pas d'immeubles abandonnés, qui ont un jour été des supermarchés, des stades, des parcs d'attractions ou même des hôpitaux psychiatriques. Ils préservent les souvenirs et les secrets des personnes qui ont un jour foulé leurs sols.

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Qui étaient ces gens-là et à quoi ressemblaient leurs vies ? Étaient-ils heureux ? C'est exactement les questions que les deux photographes Alessandro Calvaresi et Elena Amabili se sont posées en voulant explorer ces lieux, dans leur grand projet Soviet Innerness.

Inspiré par une ville fantôme en Lettonie

En voyageant à travers la Lettonie, l'un des pays du bloc post-soviétique, Calvaresi et Amabili sont tombés sur une ville fantôme qui avait été construite à l'époque pour les officiers militaires soviétiques et leurs familles. Quand ces occupants sont partis, leurs maisons sont, quant à elles, restées abandonnées là-bas. En voyant ces murs abandonnés couverts de peinture et de papier peint, ils ont été inspirés. Ils voulaient savoir ce que ces gens faisaient de leurs journées. En parlant de leur série à It's Nice That, ils ont déclaré :

"Peu importe où on va, les murs ont toujours une histoire à raconter. Chaque fois qu'on arrive dans un endroit, on adore imaginer qui a habité et travaillé ici, et comment était leur quotidien. La manière dont tu décores les murs qui t'abritent en dit beaucoup sur qui tu es."

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C'est dans cette démarche que Calvaresi et Amabili se sont lancés dans cette mission : explorer les anciens immeubles soviétiques et documenter la beauté de ces intérieurs effrités et abîmés. Ils sont passés derrière le Rideau de fer le temps de quelques photos.

L'histoire du soldat qui peignait un singe sur le mur de sa salle de bains

Pour leur série "infinie et en cours", ces deux photographes ont voyagé en Allemagne, en Ukraine, en République Tchèque, en Estonie, en Moldavie et dans bien d'autres pays où l'on peut voir des murs gris abandonnés qui ont un jour été remplis de couleurs. Ils sont tombés sur des histoires assez fascinantes. Voici un exemple :

"On a appris qu'un soldat de cavalerie avait peint sa salle de bains avec un énorme dessin de singe qui se brossait les dents. On ne pouvait pas en croire nos yeux quand on est entrés dans cette maison."

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Calvaresi et Amabili ont aussi vu des murs couverts des pages du journal Pravda, d'autres de petits pois, de fleurs... Tout autant de couches d'histoire qui se cachaient derrière la peinture qui s'écaille. Comme les photographes le disent : c'est une manière de préserver "un monde qui n'existe plus", à travers une perspective intime et intérieure. C'est une belle manière d'aborder les choses.

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© Alessandro Calvaresi et Elena Amabili, Soviet Innerness.

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© Alessandro Calvaresi et Elena Amabili, Soviet Innerness.

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© Alessandro Calvaresi et Elena Amabili, Soviet Innerness.

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© Alessandro Calvaresi et Elena Amabili, Soviet Innerness.

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© Alessandro Calvaresi et Elena Amabili, Soviet Innerness.

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© Alessandro Calvaresi et Elena Amabili, Soviet Innerness.

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© Alessandro Calvaresi et Elena Amabili, Soviet Innerness.

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© Alessandro Calvaresi et Elena Amabili, Soviet Innerness.

Traduit de l'anglais par Donnia Ghezlane-Lala.

Par Justina Bakutyte, publié le 26/10/2016

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