Le photographe Stéphane Ruchaud explore les liens entre skateparks et architecture

Du 1er au 27 avril, le photographe français expose à la librairie Volume, à Paris, des clichés qui révèlent la façon dont les skateparks s'inscrivent dans l'espace urbain.

Un skatepark à New York, en 2011 © Stéphane Ruchaud

New York, 2011 © Stéphane Ruchaud

Les skateparks sont pour lui un élément familier. Adolescent, Stéphane Ruchaud passe des heures à arpenter l'un des tout premiers skateparks en béton de France, implanté dans la petite commune de La Roche-sur-Yon en Vendée, où ses parents sont installés. Vivement inspiré des piscines vides squattées par les skateurs californiens, ce skatepark a été construit en 1978, et reste, selon certains, le seul et unique parc des années 1970 encore visible en France.

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"C'était génial d'avoir ce spot, nous confie le photographe et skateur de 37 ans, même s'il n'avait pas du tout la qualité des skateparks que l'on voit aujourd'hui, avec ce béton très doux, très lisse... J'y ai passé énormément de temps, à skater bien sûr mais aussi à traîner, à discuter avec des amis, assis sur ma planche... C'est comme ça que j'ai commencé la photo. Grâce au skate."

Bien qu'il ait depuis mis sa planche de côté, Stéphane Ruchaud n'a cessé de photographier visages et paysages. Désireux de capturer la relation entre architecture et skatepark, il est parti en 2011 à l'assaut des bowls et autres modules des plus fascinants. Ceux dont la structure finit par se confondre avec l'espace urbain. "En commençant mes recherches, je me suis rendu compte que la mode des skateparks en béton, qui avait quelque peu disparu en France au profit de modules en bois et en ferraille, était revenue, commente Stéphane Ruchaud avant de préciser :

"C'est exactement ce que je voulais photographier, parce que ce sont des paysages qui me sont très familiers, et aussi parce que je trouvais assez fascinant que ce soit des paysages qui apparaissent, prennent vie juste pour une pratique, et finissent par transformer la ville. L'idée est de recontextualiser ces paysages dans leur environnement architectural et paysager."

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© Stéphane Ruchaud

Malmö, 2011 © Stéphane Ruchaud

"La part belle au revêtement"

En 2011, Stéphane Ruchaud met ainsi le cap sur la Suède, un pays qui selon lui "avait un petit temps d'avance sur la France" en matière de skatepark en béton. Pendant une semaine, il parcourt plus de 2 000 kilomètres et découvre d'impressionnantes infrastructures, à l'instar d'un skatepark de Malmö (ci-dessus), qui offre un paysage complètement lunaire.

Ce dont il se rend compte, surtout, c'est que tous ces skateparks suédois sont dénués de graffitis – contrairement à ceux qu'on a l'habitude de croiser dans l'Hexagone. "J'ai trouvé très intéressant le fait qu'ils fassent la part belle au revêtement, à ces formes lisses et en même temps abruptes, que ça donne vie à la matière", explique le photographe.

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Motivé par cette trouvaille, Stéphane Ruchaud poursuit sa quête et s'envole à la recherche d'autres skateparks, notamment aux États-Unis et au Canada. Il raconte :

"Dès que j'allais quelque part, je regardais s'il y avait un skatepark dans les parages. J'étais en voyage à Montréal, et j'ai photographié un skatepark assez intéressant dans l'esprit do it yourself ! C'était un skatepark bâti sur une espèce de tas de terre très sèche, sur lequel on avait coulé du béton qui prenait ainsi la forme du paysage. En résumé, ils avaient utilisé les formes du terrain pour les détourner et créer un skatepark."

De ces voyages, qui se sont étendus de Courbevoie à New York en passant par Falkenberg, il est revenu avec des dizaines de clichés, qu'il décide aujourd'hui de partager.

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Après avoir pris part à l'exposition "Landskating" de la villa Noailles à Hyères au côté des photographes Cyrille Weiner, Maxime Delvaux et Olivier Amsellem, Stéphane Ruchaud s'apprête à montrer ses découvertes à travers "Skateparks". Une exposition qui souligne la beauté de ces paysages lisses et vallonnés, et qui explore le rapport indéniable entre skatepark et architecture. À découvrir du 1er au 27 avril à la librairie Volume, dans le 3e arrondissement de Paris.

Courbevoie, 2011 © Stéphane Ruchaud

Courbevoie, 2011. © Stéphane Ruchaud/Villa Noailles

Par Naomi Clément, publié le 31/03/2016

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