© Søren Astrup Jørgensen

Au cœur d’un litige, le musée de la Photographie de Bruxelles devient "fusée de la motographie"

Quand le musée de la Photographie de Charleroi attaque le musée de la Photographie de Bruxelles, ce dernier répond avec humour.

En Belgique, les rapports entre les différents acteurs du monde de la photographie ne sont pas toujours au beau fixe. En effet, le musée de la Photographie de Charleroi a récemment attaqué le musée de la Photographie de Bruxelles afin que ce dernier abandonne l’appellation qui leur est commune. L’institution de Charleroi considère que le musée bruxellois lui porte préjudice en ayant adopté un nom identique au sien, qui pourrait prêter à confusion et troubler l’esprit des visiteurs potentiels.

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Les avocats du musée de la Photographie de Charleroi ont donc fait parvenir un courrier, expliquant à l’institution bruxelloise que si elle continuait à utiliser la désignation "musée de la Photographie", elle devrait payer une amende de 500 euros par utilisation – que ce soit sur papier ou Internet.

Le musée de la Photographie bruxellois était une initiative lancée par l’ASBL Recyclart, un centre d’art associatif qui vise à démocratiser la culture au sein de la capitale belge. Il avait choisi la dénomination "musée de la Photographie" pour valoriser son fonds photographique et promouvoir l’exposition nomade qu’il organisait depuis septembre. Recyclart dispose surtout d’un espace de stockage et avait pour ambition de créer un musée itinérant "libre, démocratique et simple".

Face aux revendications du musée de Charleroi, l’association Recyclart a fini par céder. Dans un communiqué de presse partagé sur sa page Facebook, le centre d’art explique que s’il n’est "pas accord avec les exigences et revendications du musée", il n’a "ni les moyens ni l’envie de mener cette affaire en justice" : ils renommeront donc l’exposition "fusée de la motographie", charmante contrepèterie qui montre l’humour et le recul de l’équipe de Recyclart. L’association profite d’ailleurs de ce litige pour lancer le débat :

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"Notre volonté de décloisonnement est aux antipodes des demandes d’exclusivité, dont celle qui nous occupe ici. Faisons en sorte de transformer ce contentieux en débat ouvert et public, dans l’intérêt de l’art."

Une bataille juridique qui se termine par un joli clin d’œil et une réflexion pertinente.

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Par Lisa Miquet, publié le 27/11/2017

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