Une nouvelle bourse vise à soutenir le photojournalisme local aux États-Unis

Afin de défendre la liberté de la presse et d'encourager la photographie documentaire à l'intérieur même des États-Unis, une bourse a été créée par une organisation dédiée au photojournalisme. 

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Il y a six ans, le photoreporter récipiendaire d'un prix Pulitzer, Chris Hondros, se faisait tuer alors qu'il couvrait la révolution libyenne, à Misrata. En son honneur, un fonds de subvention à son nom a été mis en place afin de soutenir le travail de ceux qui rapportent des images des conflits qui secouent le monde. La Chris Hondros Fund, précise le Time, a déjà fait don de plus de 100 000 $ (près de 92 000 euros) à des photojournalistes.

L'organisation en charge de ces subventions met désormais en place une enveloppe allouée spécifiquement au reportage local, soit à l'intérieur des États-Unis, d'une valeur de 10 000 $ (environ 9 100 euros), dans l'optique de donner plus de voix à ceux qui rapportent les petites et les grandes histoires du pays. La présidente de la Chris Hondros Fund, Christina Piaia, définit ainsi la raison d'être de cette nouvelle bourse :

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"Depuis deux ans, nous cherchions un moyen de nous concentrer davantage sur le local. Beaucoup de personnes pensent que notre fonds actuel est strictement réservé aux travaux consacrés aux conflits, mais la majorité du travail de Chris a été fait localement."

En plus de se concentrer sur les histoires internes aux États-Unis, cette bourse a aussi pour but de mettre au cœur du propos photojournalistique la liberté de la presse. La relation d'amour-haine entretenue par l'actuel président des États-Unis et la presse semble avoir accéléré la mise en place de cette initiative. Lorsqu'est mis en danger un droit aussi fondamental que la liberté de la presse, il apparaît nécessaire d'agir.

C'est pourquoi les 10 000 $ de la bourse sont destinés à soutenir des travaux couvrant la période post-électorale de Donald Trump, "bien que cette injonction puisse être interprétée librement", indique Christina Piaia. Les travaux peuvent se concentrer par exemple sur des problématiques liées à l'environnement, l'immigration ou le système de santé. Les reportages seront publiés en collaboration avec l'organisme de presse indépendant ProPublica.

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Une dotation supplémentaire mise en place par le fonds Chris Hondros

Cette nouvelle parvient en même temps que l'annonce de la lauréate du prix instauré par le fonds Chris Hondros et Getty Images. Créé en 2012, ce prix a pour but de récompenser le candidat qui représenterait le mieux la relève du photojournaliste décédé en Libye il y a six ans.

Cette année, c'est Meridith Kohut, photoreporter et contributrice au New York Times, qui a reçu les 20 000 $ du prix pour son travail sur le Venezuela, qui illustre la violence de ses rues, le quotidien de ses habitants ou encore les pénuries de certains hôpitaux psychiatriques. Une nouvelle occasion de soutenir les photographes qui documentent notre monde et les vies qui le peuplent, en risquant parfois la leur au passage.

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Par Lise Lanot, publié le 02/05/2017

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