Nuit debout : des policiers aux manifestants, les photos fortes de Rémy Soubanère

Le photographe Rémy Soubanère est allé voir ce qui se passait sur la place de la République, à Paris, et aux alentours, saisissant le climat anxiogène entre manifestants et policiers, mais aussi toute l'humanité du mouvement Nuit debout. 

(© Rémy Soubanère)

(© Rémy Soubanère)

Rémy Soubanère ne nous est pas inconnu, chez Konbini. Il y a plusieurs mois, nous avions parlé de son talent et de ses étonnantes photos de Paris, prises dans la quiétude des nuits d'été. Le photographe, qui ne s'attarde pas tellement à parler de lui, a récemment mis les pieds du côté de la place de la République, à Paris, où le mouvement Nuit debout tente de prospérer. Là-bas, il a capturé le climat électrique qui sévit ces dernières semaines entre les manifestants, les autorités et les casseurs. Il était là, le jour où une voiture de police a été incendiée. Il explique son point de vue sur le mouvement, et comment il parvient à fournir ces clichés forts, de son œil de témoin.

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Konbini | Pourquoi avoir décidé d'immortaliser ce mouvement ?

Rémy Soubanère | Ce mouvement m’a intéressé quand il a dépassé la loi Travail, quand les slogans sont devenus "contre la loi Travail… et son monde". En parallèle, est née la Nuit debout. Tout cela était le signe que quelque chose d’inédit se produisait.

En faisant le constat de la différence entre le traitement médiatique et ce que je voyais, m’est alors apparue la nécessité de témoigner, et je le fais avec le moyen dont je dispose : la photo. Je ne suis pas un reporter photo, encore moins un journaliste et je n’ai pas la prétention d’avoir un point de vue objectif, sur un événement. Pour moi l'objectivité est au mieux un mythe, au pire un écran de fumée. Je préfère donc parler d’une position de témoin.

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(© Rémy Soubanère)

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Comment parviens-tu à prendre des clichés d'aussi près de la police et des manifestants, alors que le climat semble très tendu ?

Paradoxalement, il m’est plus facile de faire des images en vue rapprochée, tant avec les manifestants qu’avec les policiers. Je parviens à faire sentir que je ne me sers pas de mon appareil comme d'une arme, que je ne vais pas "voler" l’image que je vais faire. Quand on est loin, on est confronté à la réaction d'un ensemble qui est beaucoup moins humain. C'est plus difficile.

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On sent des tensions et de la violence dans beaucoup de tes photos. Pourquoi être resté, même si la situation s'envenimait ?

J’ai toujours eu un rapport particulier à la photographie. Quand j’ai un appareil dans les mains, j’ai toujours l’impression d’être transparent, de n’être rien d’autre qu’un plan focal en quelque sorte… N’ayant pas la sensation d’être acteur de ce mouvement, je n’avais pas du tout l’impression que le danger me concernait. Mais c'est trompeur ! J'ai vite été pris pour cible par un tir de flash-ball, ce qui n'a rien d'exceptionnel. Tous les photographes sur place ont été visés ou même blessés, certains ont vu leur matériel réduit en miettes.

(© Rémy Soubanère)

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On finit par avoir un œil dans le viseur et un autre qui prend en compte tous les mouvements et les risques autour de soi. Et des solidarités entre les gens se mettent en place, on se renseigne sur les stratégies de maintien de l’ordre pour savoir à quoi s’attendre...  Pourquoi être resté ? Parce que je pense que c'est dans la nasse policière déployée par l'État que l'on voit le mieux ce dont il est capable.

Que signifie ce mouvement selon toi ?

Ce mouvement est tout sauf anecdotique, mais la réaction des pouvoirs publics et privés de ce pays face à cette contestation est tout aussi significative pour moi. Dans les cortèges, beaucoup se demandent si ce n'est pas le pays entier qui est pris dans une nasse policière.

(© Rémy Soubanère)

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Par Juliette Geenens, publié le 27/05/2016

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