Un photographe retrouve l'identité d'inconnus grâce à une appli de reconnaissance faciale

Pour tester les limites de nos technologies modernes, un photographe russe s'est lancé dans un étonnant projet de reconnaissance faciale. Les résultats sont dignes d'un épisode de Black Mirror : bien flippants.  

© Egor Tsvetkov

© Egor Tsvetkov

Pour son projet artistique nommé Your Face is Big Data, le photographe russe Egor Tsvetkov a passé plusieurs semaines à capturer des clichés d'inconnus dans le métro de la banlieue de Saint-Petersbourg en Russie. Les passagers étaient photographiés à leur insu, le regard ailleurs ou rivé sur leur téléphone, happés par leurs pensées quotidiennes et le visage fermé.

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Après avoir collecté plusieurs images, le photographe a utilisé une application de reconnaissance faciale appelée FindFace, logiciel libre qui permettrait de reconnaître des visages parmi les 55 millions d'utilisateurs du célèbre réseau social VKontakte — équivalent russe de Facebook. Comme le relate le site Web Bored Panda, le photographe aurait été capable de retrouver l'identité environ 70 % des gens qu'il a photographiés. Fasciné par cette application, sorte de Shazam pour êtres humains, l'artiste explique sur sa démarche :

"Mon projet est une illustration claire de ce qui nous attend si nous continuons à divulguer autant de nous-mêmes sur Internet, comme nous le faisons maintenant."

Jusqu'où sommes-nous vraiment anonymes ?

Il revient aussi sur la réaction des gens le métro : "Bien que je les photographiais de manière assez évidente, les gens n'ont absolument pas réagi." Le photographe a puisé son inspiration dans les travaux d'artistes contemporains comme Sophie Calle ou encore Vito Acconci, qui ce sont eux aussi interrogés sur les rapports à l'identité et à l'anonymat. Sur son site Web, il explique :

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"Les gens sont habitués à différencier leurs comportements dans la société et sur les réseaux sociaux. Ils nous laissent la possibilité d'espionner leur opinion ou les meilleurs moments de leur vie. Un tel narcissisme numérique est le produit d'une culture de la liberté d'expression, qui redéfinit les frontières entre le privé et le public."

Digne d'une véritable dystopie futuriste, ce projet nous questionne sur notre rapport aux réseaux sociaux et aux données que nous mettons en ligne sur plusieurs plateformes, sans même en lire les clauses de confidentialité. Nous pouvons évidemment nous demander ce qu'il pourrait se passer si de tels outils étaient utilisés à mauvais escient, par des personnes mal intentionnées. À l'heure de l'hyperexposition de soi, jusqu'où sommes-nous vraiment anonymes ?

© Egor Tsvetkov

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Vous pouvez retrouver le travail d'Egor Tsvetkov sur son site web et son compte Twitter.

Par Lisa Miquet, publié le 13/12/2016

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