Par Lisa Miquet

De l’effervescence de Mai 68 aux conflits internationaux, retour sur l’une des figures de la photographie des années 1960.

© Gilles Caron/Fondation Gilles Caron

Depuis quelques années, la mairie de Paris valorise le travail de photographes afin de mettre en évidence les liens qui unissent Paris et photographie. Ainsi de Robert Doisneau à Willy Ronis, en passant par Brassaï et l’agence Magnum, de nombreuses expositions fleurissent dans la capitale afin de nous faire partager ces regards affûtés.

Alors que le cinquantenaire de Mai 68 est en train d’être célébré, il semblait alors évident de mettre en lumière les images de Gilles Caron – journaliste et photographe mythique des années 1960 – qui a su capturer comme personne l’effervescence de la révolte estudiantine. Si ses images ont fait émerger certaines icônes de Mai 68, elles sont aussi le témoin de toute une époque. Les revendications sociales, le succès de la Nouvelle Vague, la mode des sixties, mais aussi l’ébullition politique ou encore les conflits internationaux : le photographe est sur tous les fronts et saisit les contrastes d’une époque charnière.

Il photographie les conflits européens en Irlande et en Tchécoslovaquie en 1969, avant de disparaître dans l’exercice de ses fonctions au Cambodge en 1970, à l’âge de 30 ans. Il laisse derrière lui des images puissantes, qui décrivent un monde en pleine transformation. Michel Poivert, commissaire de l’exposition, raconte :

"Caron n’est ni le premier ni le seul de sa génération à avoir 'réussi' des allégories par l’actualité, mais il est bien celui qui en a le mieux compris le mécanisme et a su les reproduire, les modeler jusqu’à les transformer en signes contemporains capables d’énoncer une idée. L’actualité est sa matière première, et le monde son atelier."

Afin de pouvoir découvrir la pluralité du travail du photographe, l’exposition à l’Hôtel de ville se divise en sept sections différentes et réunit 300 photographies, dont une grande partie inédite. Loin de se limiter à la capitale française, l’expo poursuivra son cours à l’international puisqu’elle sera présentée à Jérusalem, Londres, Tokyo, Pékin, Moscou ou encore Berlin. En attendant, l’exposition est à Paris jusqu’au 28 juillet 2018 et l’entrée est gratuite pour tous. Il serait dommage de s’en priver.

© Gilles Caron/Fondation Gilles Caron

© Gilles Caron/Fondation Gilles Caron

© Gilles Caron/Fondation Gilles Caron

"Gilles Caron – Paris 1968", du 4 mai au 28 juillet 2018, à l’Hôtel de Ville, entrée gratuite.