Rencontre : Axel Morin, un autre regard sur l'Amérique

Entre Detroit et New York, le jeune photographe explore les milieux urbains, tentant de capter l'énergie de quartiers toujours singuliers.

© Axel Morin

La photographie lui est un peu tombée dessus par hasard. Et depuis, elle ne l'a jamais lâché. Axel Morin, jeune photographe français, sillonne son quartier parisien comme les grandes villes des États-Unis, cherchant toujours à retranscrire derrière son objectif l'âme d'un quartier et de ceux qui l'animent. Avec une lumière souvent contrastée, son travail s'inspirant de la culture urbaine, dessine une iconographie de la rue américaine aussi personnelle que touchante.

Comment as-tu commencé la photo ?

Au départ, je faisais du graffiti avec des potes. Je voulais alors garder une trace de ce que je faisais sur les murs. Puis après, une passion t'amène à une autre. J'ai arrêté le graff pour me consacrer à la photo. Depuis, c’est devenu un vrai besoin.


La majorité de ton travail est réalisée en extérieur. Que cherches-tu à capter dans la rue ?

La rue a une énergie complètement dingue ! C'est simple, tous les éléments de la vie sont dans la rue. C'est comme une peinture vivanteTu vois tellement de choses, parfois rien qu'en te posant à la terrasse d'un café. J'essaie de capter cette énergie. Des fois, des personnes peuvent aussi te marquer. Tu tombes parfois sur des gens qui dégagent tellement d’histoires, de par leur regard, leur expression. Il y a un côté excitant aussi à se balader, sans savoir sur quoi on va tomber. 

Justement, comment se passe la rencontre avec tes modèles ?

Je me promène dans la rue, je marche beaucoup. J’ai passé comme ça des journées entières à marcher dans les villes. Je peux me promener pendant des heures, il ne se passe parfois pas grand-chose mais, des fois, je capte quelqu’un qui retranscrit l’âme du quartier à mes yeux. Là, je vais le voir, j'échange un peu pour savoir d'où il vient, pourquoi il est ici... Parfois c’est pas grand-chose, des trucs bêtes, mais cela reste important pour moi. Quelques fois, il y en a qui ne veulent pas mais, en général ça se passe toujours bien. Le tout est de se présenter en douceur. 

Parle-nous un peu de ta série Once Upon a Time in America…

C'est un projet toujours en cours. L’année dernière, je suis parti pendant un mois et demi à New York. J'ai pu voir différents quartiers (Brooklyn, Queens, Bronx, Harlem…). J'essaie à travers mon regard de capter l’authenticité de cette ville qui m'a toujours fasciné par son énergie et son histoire. Je suis ensuite parti pour Chicago et enfin Detroit, où j'ai eu un vrai choc sociologique. Là-bas, les gens errent dans les rues, complètement désertes. Beaucoup de bâtiments et de quartiers sont laissés à l'abandon. C'est une autre Amérique. J'aimerais, à travers ce projet, donner ma vision globale de l'Amérique en photographiant plusieurs grandes villes. Les États-Unis ne se résument pas à New York. 

Question technique, maintenant : avec quel genre d'appareil préfères-tu travailler ?

Je shoote en argentique, parfois en numérique, mais la plupart du temps j'utilise du film. Globalement,je trouve que le numérique aseptise beaucoup l'image. 

As-tu des modèles en photographie ? Comment définirais-tu ton travail ?
Oui, j'en ai plein. Je m'intéresse surtout aux grands noms de la photo : des gens comme Garry Winogrand ou Mary Ellen Mark. Définir mon travail reste compliqué. Moi, ce que j'aime c'est d'abord faire partager mon regard aux gens. Eux, après, ils en font ce qu'ils veulent. Une photo se vit différemment selon chacun. Certains peuvent ressentir quelque chose, d’autres non. C'est comme ça. J'aime beaucoup cette phrase de William Eggleston : "Tenter d’expliquer une photo c’est déjà la réduire." C'est vrai. C'est important pour moi de laisser la personne réfléchir sur ce qu'elle voit et prendre l’émotion qu’elle veut. 

L'ensemble du travail d'Axel Morin est à retrouver sur son site ou son compte Instagram.

© Axel Morin

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Par Marie Campistron, publié le 31/08/2016