Fabien Voileau nous raconte son road trip au-delà du cercle arctique

Le photographe Fabien Voileau a traversé la Finlande, la Suède et la Norvège, d'est en ouest. Il est revenu avec de nombreuses photos de son road trip, pour nous le raconter en images.

© Fabien Voileau

© Fabien Voileau

Chaque année, le photographe Fabien Voileau organise un road trip dans un lieu désertique. De la Jordanie à la Californie en passant par l’Islande, cet amoureux des grands espaces, prévoit des escapades hors du temps, en communion avec la nature, qui lui inspirent régulièrement de nombreuses séries photo. Cet été, il a voyagé dans les pays nordiques, au-delà du cercle polaire et nous raconte son périple en images.

"Comme chaque année, avec mes amis Marc et Damien, on choisit une nouvelle destination, avec un budget très réduit (le plus possible). Après avoir fait 2 500 kilomètres en BX pour rejoindre un désert espagnol, ou encore traverser Israël et la Palestine en bus, nous avons décidé de passer un moment au-dessus du cercle arctique, en traversant d’est en ouest la Finlande, la Suède et la Norvège. L’idée : chaque jour, trouver un spot de carte postale pour dormir, faire du feu et pêcher."

© Fabien Voileau

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Un retour à des joies simples, loin du rythme effréné du quotidien. Fasciné par le caractère sauvage des paysages, ces immenses étendues qui s'étendent à perte de vue inspirent particulièrement le photographe. Alors qu'il avait déjà eu l'occasion de visiter la Norvège ou encore l'Islande en plein hiver, voyager dans le nord de l'Europe en été était pour lui une vraie découverte.

"Traverser la Norvège en plein hiver par - 30 degrés, ou encore subir des tempêtes de neige Islandaises bien flippantes m’était déjà familier. Mais pour bien comprendre ces pays, il faut y aller à ces deux périodes bien distinctes. L’été c’est un monde. L’hiver en est un autre."

En raison de la latitude des pays dans lesquels il a séjourné, Fabien Voileau a pu découvrir les jours polaires, période de l'année durant laquelle le soleil ne couche jamais. Une véritable expérience sensorielle.

"La lumière. Non-stop. Quand tu dors sous une toile de tente, ça use. Les repères sont un peu brouillés, mais ça a un côté intéressant. J'ai toujours ce même feeling dans ces pays du Nord, cette impression que le temps dure plus longtemps. J’avais même ce sentiment en plein hiver avec 5 heures de soleil par jour. La sensation du temps écoulé est vraiment transformée."

© Fabien Voileau

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Partis avec ses amis, l'artiste n'a pas cherché à rentrer en contact avec les habitants des différents pays. Le but du groupe était avant tout de s'évader. L'isolement semblait alors faire partie intégrante de leur voyage.

"Les interactions avec des gens étaient en réalité assez rares, et le peu de vies croisées figure presque intégralement dans cette série d'images. On a cherché à limiter au maximum notre contact avec les villes et villages. J'ai été piqué d'une certaine curiosité lorsqu'on parcourait 800 kilomètres au milieu des fjords, j'essayais d'imaginer le quotidien de ses habitants. Certaines maisons étaient totalement isolées, par exemple, une habitation n'était accessible que par bateau. Ce peu d’interaction humaine était inconsciemment fascinante à capter."

© Fabien Voileau

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Comme après chaque voyage, le photographe est rentré en France avec de nombreuses anecdotes, il nous raconte :

"De temps à autre, le matin, on se demandait où passaient certains ustensiles de cuisine ou même le café. Un regard suspicieux circulait entre nous jusqu’au moment où nous avons compris que le groupe de renards croisés la veille, venait de nous voler des trucs totalement inutiles pour eux. Je me souviens aussi du premier jour, notre premier campement devant un lac immense. L’eau était tellement froide que nos bières étaient fraiches en un 1⁄4 d’heure".

© Fabien Voileau

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Ses images retranscrivent avec douceur et esthétisme, des instants de son séjour. Un carnet de voyage visuel, qui nous transporte de l'autre côté du cercle arctique. Attaché à l'argentique, le photographe a décidé de n'utiliser que ce médium pour immortaliser son road trip :

"Oui, toujours et quasiment exclusivement de l'argentique. Le rendu est différent, plus réel, à mon sens. Ça retranscrit davantage ce que que j'ai vécu. Ce n’est pas plus beau, ce n’est pas plus moche. C’est juste mon souvenir. Je reste persuadé qu’en étant limité par un nombre de poses et en prenant le risque de se louper, l'approche globale de l’image est affinée et le résultat est différent. À part les pellicules à trimbaler et à ne pas perdre, il n’y a pas de contraintes. Tu n’as même pas besoin de courant pour recharger tes batteries, ce qui est plutôt pratique au milieu de rien."

© Fabien Voileau

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Ses voyages dans diverses parties du monde ont façonné l'œil de Fabien Voileau. Le photographe remarque pourtant avoir eu une approche nettement différente durant ses différents road trips :

"La lumière est hyper changeante en fonction des pays, des saisons. Le résultat est aussi différent en fonction de ce que tu vis. Lorsque j’aborde une destination seul, je capte davantage les habitants, des scènes de vies. Les photos sont davantage humanisées. À l'inverse, lorsque je pars avec mes potes, je vais plutôt les photographier eux. On va faire les cons, pêcher ou encore surfer... C’est ces moments que je vais immortaliser. Je considère que j'ai une chance incroyable d’avoir des amis qui m'inspirent beaucoup. Aussi, je pars aussi beaucoup avec ma copine. Nous nous retrouvons souvent tous les deux, au milieu de rien, et ça donne encore plus de sens à mon travail."

Des images incarnées qui nous donnent envie de voyager.

© Fabien Voileau

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Vous pouvez retrouver le travail de Fabien Voileau sur son site Web et son compte Instagram

Par Lisa Miquet, publié le 22/09/2016