Kabul, city of Babur, the Mughal emperor who conquered it without bloodshed, who loved it so much to dress it with a garden of roses, who built here his own grave, a bare stone under the sky,  washed  by rains. Kabul, shelter and grave, end of the line for  fleeing people, hung to the sky with kite strings, with no exit.

Trois femmes photojournalistes exposées à l'école des Gobelins

Les Visas de l'ANI mettent chaque année en lumière le travail des photojournalistes. Lors de cette édition, trois femmes ont été récompensées pour leurs reportages remarquables, profondément humains et particulièrement inspirants. 

Cette année encore, l'Association Nationale des Iconographes (ANI) organise Les Visas de l'ANI. Un événement annuel, né d'une collaboration avec le festival du photojournalisme Visa pour l'Image de Perpignan. Jusqu'au 16 décembre prochain, l'association organise des lectures de portfolios et rencontre à cette occasion de nombreux photographes débutants comme confirmés.

Lors de cet événement, l'ANI a récompensé trois photojournalistes pour leur travail de terrain. Cette année, trois femmes ont été lauréates et sont actuellement exposées à l'école des Gobelins à Paris : l'occasion de se rendre sur place pour découvrir leurs travaux. Pour ceux qui n'auraient pas la possibilité de se déplacer, voici un aperçu du travail de ces figures montantes du photojournalisme.

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Monika Bulaj, Nur

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© Monika Bulaj

En plus d'être photographe, la polonaise Monika Bulaj est aussi écrivaine et documentariste. Ses thèmes de prédilection sont l’Asie Centrale, l’Europe de l’Est, la spiritualité, le nomadisme ou encore la ghettoïsation. Pour son projet intitulé Nur, la photographe a traversé l'Afghanistan avec son journal et son Leica, de la frontière iranienne à la frontière chinoise. Refusant de se mêler aux unités militaires pour mener à bien son reportage, elle a affronté seule les complexités géographiques et sécuritaires du pays.

Durant son périple, elle découvre la corruption, l'économie de guerre et le tribalisme. Malgré les difficultés qu'elle a pu rencontrer, son regard semble happé par la beauté des lieux et de ses habitants. En racontant l'Islam de la tolérance et les traditions soufies, elle nous livre un regard nouveau sur l'Afghanistan.

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Myriam Meloni, Different Shades of Blue

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© Myriam Meloni

Formée en droit et en criminologie à Barcelone, Myriam Meloni s’intéresse à la photographie documentaire et aux dysfonctionnements sociaux actuels. Son travail a déjà été remarqué puisqu'elle collabore avec de nombreux journaux et ONG internationales et qu'elle a déjà été lauréate de plusieurs prix prestigieux.

Pour son travail Different Shades of Blue, la photographe a décidé de raconter la vie des habitants de l'Afrique subsaharienne. Alors qu'ils fuient par milliers leurs pays pour échapper à la violence, la pauvreté ou le manque d'opportunités, ils se retrouvent souvent bloqués aux portes de l'Europe. En 2014 et 2015, Myriam Meloni a photographié ces migrants coincés au Maroc sans ressources, et avec pour seul objectif la quête d'une vie meilleure symbolisée par l'Europe.

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Ingetje Tadros, This Is My Country

© Ingetje Tadros

À la fois photographe et documentariste, Ingetje Tadros s'implique dans la cause humanitaire puisque son travail se focalise sur des sujets aussi divers que la santé mentale à Bali, la lèpre en Inde ou encore la transexualité en Asie. Elle travaille régulièrement pour Amnesty International, Australian Geographic ou encore Daily Mail. Avec son projet This Is My Country, Ingetje Tadros s'intéresse aux communautés aborigènes d’Australie. Elle a parcouru les régions recluses du pays, aux alentours de la ville de Broome, pour rencontrer cette population souvent oubliée.

Son travail montre avec sensibilité la situation dans laquelle se trouvent de nombreuses familles, devant faire face à de terribles fléaux tels que l'alcoolisme, le suicide et les défaillances du système de santé. À travers ses images, elle met en évidence l'abandon et la privation de droits dont sont victimes ces Aborigènes, tout en soulignant les liens qui unissent ces familles à leur territoire et à leur spiritualité. Ce travail a donné lieu à un ouvrage, publié aux éditions Fotoevidence.

En plus du travail remarquable de ces trois photographes, Les Visas de l'ANI exposent aussi quelques clichés repérés lors de l'événement Visa pour l'Image à Perpignan en septembre dernier. Si vous les aviez loupés, voici une petite séance de rattrapage.

© AP Photo/Andres Kudacki

© Giamarco Panucci

© Valery Melnikov

Les Visas de l'ANI, jusqu'au 16 décembre à l'école des Gobelins à Paris. 

Par Lisa Miquet, publié le 12/12/2016

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