Les 3 photojournalistes salués par la bourse Reportage de Getty Images

Une aide financière et éditoriale pour soutenir des photographes aux projets ambitieux.

© Rose Marie Cromwel

Chaque année, la banque d’images américaine Getty Images soutient des photographes – installés et émergents – grâce à plusieurs bourses, notamment une spécialement dédiée au photojournalisme. En effet, la bourse Reportage permet à trois photographes de recevoir la somme de 15 000 euros pour pouvoir mener à bien un projet documentaire à long terme, personnel et d’une portée journalistique importante.

C’est donc 1,4 million de dollars qui ont été dépensés par le groupe en presque 15 ans pour soutenir la création photographique. Un choix nécessaire pour la direction de la société, comme nous l’explique Ken Mainardis, vice-président senior des contenus de Getty Images :

"Les lauréats de cette bourse Reportage 2018 possèdent un talent remarquable, ainsi qu’une passion inébranlable pour le photojournalisme. Nous sommes ravis de les soutenir et de les encourager davantage, en offrant un soutien financier qui permettra [aux lauréats] d’illustrer des problèmes internationaux qui suscitent la réflexion – des questions qui, sans financement, resteraient méconnues."

Sélectionnés par un jury de professionnels de l’image et des médias, les trois vainqueurs de l’édition 2018 sont :

Rose Marie Cromwell pour King of Fish

© Rose Marie Cromwell

Avec ce travail, Rose Marie Cromwell s’intéresse aux effets de la mondialisation sur les petites communautés en se concentrant principalement sur celle de Coco Solo au Panama. Depuis le début des années 2000, ses membres se battent pour être relocalisés puisque le terrain sur lequel ils vivaient a été vendu à l’une des autorités portuaires.

Après plus d’une décennie de lutte pour obtenir le soutien du gouvernement, la population a enfin été relogée près de Buena Vista, décision vécue comme un miracle. Pour ce travail, la photographe a suivi de près l’évolution de la situation des habitants de la communauté et met en lumière les limites d’une économie globale.

Giulio Di Sturco pour Aerotropolis

© Giulio Di Sturco

Lorsqu’on parle d’aérotropole, on désigne une nouvelle forme d’urbanisme où les villes sont développées autour d’un aéroport. Ces villes modernes semblent pousser à l’extrême les thématiques qui représentent notre civilisation moderne. On y retrouve la disparition du paysage naturel au profit d’une architecture raffinée, une foi inébranlable en la technologie, des divertissements, de la consommation et surtout un dilemme : comment concilier le développement économique avec la croissance durable ? Giulio Di Sturco est donc parti en immersion dans des aérotropoles pour illustrer à la fois le poids et la beauté de ces villes et y capturer l’aliénation et la solitude de ses habitants.

Leonard Pongo pour The Uncanny

© Leonard Pongo

Avec The Uncanny – qui peut signifier en français "l’étrange" comme "l’extraordinaire" –, Leonard Pongo a tenu à briser les idées reçues sur la République démocratique du Congo en documentant le quotidien du pays. Il a donc suivi des équipes de télévision locale, mais aussi des événements qui rythment le quotidien, des mariages aux fêtes religieuses. Un projet au long court, au contact de la population, qui permet une meilleure compréhension du pays.

Par Lisa Miquet, publié le 25/09/2018