Via @CamilleBrnn

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À Rome, une installation sensibilise les passants au sort des migrants

Une installation qui donne du mal à se regarder dans la glace.

Sur Twitter, une utilisatrice du nom de Camille Brnn a diffusé les images d’une installation, d’auteur·rice inconnu·e, croisée au détour d’une rue romaine. Par sa puissance, tout en simplicité, et ce qu’elle évoque, l’œuvre a rapidement fait le tour du réseau.

Au premier abord, on pourrait croire à une scène malheureusement habituelle. Un adulte et deux enfants, assis par terre, tendent la main aux passants. En s’approchant, on remarque que le trio est en fait composé de mannequins. Leurs gilets de sauvetage et leur couverture de survie ne laissent planer aucun doute : ils représentent les migrant·e·s qui, tous les jours, tentent de traverser la Méditerranée et dont une partie ne retrouve jamais la terre ferme.

Via @CamilleBrnn

Un détail achève de stupéfier le spectateur : sous leur capuche, les mannequins n’ont pas de visage. En lieu et place, des miroirs ovales renvoient aux passants leur reflet. Les glaces rappellent le fait que quiconque pourrait se trouver forcé de quitter son pays et se retrouver dans des conditions abominables, autant qu’elles obligent les badauds à regarder la situation actuelle en face, à ne pas détourner les yeux sur le nombre de personnes qui survivent dans l’indifférence générale et meurent dans l’indignité.

Une installation politique et révoltée

Le fait d’avoir placé cette œuvre dans les rues de la capitale italienne est lourd de sens, puisque le pays, considéré comme "une porte d’entrée de l’Europe", durcit constamment sa politique migratoire, fermant ses ports aux bateaux des ONG et n’acceptant d’accueillir qu’un nombre très restreint de réfugié·e·s.

Ces dernières années, la ville de Rome a sans vergogne expulsé de leurs logis des centaines de réfugiés, souvent avec violence, à l’aide de canons à eau par exemple. La capitale, ne mettant pas en place d’infrastructures suffisantes, voit ses rues se peupler d’hommes, de femmes et d’enfants, forcé·e·s de vivre dans la rue après avoir vécu la tragédie de l’exil.

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Par Lise Lanot, publié le 24/04/2019