© EV1 ; © Randy Holmes/Getty Images ; © Julian Rivera

Un street-artist accuse Ellen DeGeneres et Walmart de lui avoir volé une de ses créations

La collection lancée par la présentatrice, supposée "diffuser de l'amour", diffuse plutôt un vent de vol de droit d'auteur.

Fin juillet, le street-artist Julian Rivera a attaqué en justice le géant américain de la grande distribution Walmart et la présentatrice star Ellen DeGeneres. L’artiste les accuse d’avoir volé et réutilisé une de ses créations dans la collection EV1, la ligne de prêt-à-porter lancée par les deux parties au début de l’année 2019.

Sur chaque pièce d’EV1 se trouve effectivement un logo en forme de cœur dont les lignes supérieures forment le mot "love". Ce même dessin, Julian Rivera l’utilise fréquemment dans son travail, qu’il s’agisse d’œuvres murales ou, justement, de vêtements qu’il vend.

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Créations de Julian Rivera. (© Julian Rivera)

Collection EV1, lancée par Ellen DeGeneres et Walmart. (© Walmart)

Plus que le vol de la création, ce sont les auteurs dudit vol qui lui posent problème, puisque Julian Rivera affirme ne pas se reconnaître dans leurs valeurs. Dans la plainte que le street-artist a déposée fin juillet, on peut lire :

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"L’exploitation du travail du plaignant par les accusés est particulièrement préjudiciable puisque Rivera a consciencieusement évité toute association avec la culture d’entreprise et la consommation de masse.

En effet, Rivera a été très vigilant quant aux canaux de distribution de son travail. Malgré de nombreuses offres, il n’a que très rarement accepté de rendre disponibles ses créations pour des campagnes de publicité, cela notamment pour des raisons artistiques mais aussi parce que faire cela diminuerait la valeur de son travail.

Il n’existe rien de plus contradictoire pour la crédibilité d’un street-artist que de s’associer avec la consommation de masse – dont Walmart représente la quintessence. Les personnes ayant reconnu le design de l’artist dans la collection EV1 pourraient en conclure que Rivera était devenu 'un vendu', diminuant ainsi la valeur de son travail et de sa réputation."

Les avocats des accusé·e·s réfutent la dénonciation de Julian Rivera, arguant qu’ils n’ont pas volé le dessin, que leur graphisme est différent du sien et, surtout, que le design de l’artiste ne fait preuve d’aucune créativité notable.

Dans ce combat inégal entre David et Goliath, difficile de savoir si le street-artist parviendra à ses fins, à savoir retirer de la vente les pièces cousues du logo ainsi que recevoir un dédommagement financier.

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Par Lise Lanot, publié le 05/08/2019

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