Ces sublimes photos prises avec un drone seraient aujourd'hui illégales

Amos Chapple fait partie de ces photographes qui ont eu la chance d'immortaliser des images vues du ciel à l'aide de drones, avant que la législation ne sévisse. Entre nostalgie et prise de conscience, il nous raconte. 

Sacré coeur

Le Sacré cœur à Paris lors d'un lever du soleil brumeux. (Crédits Image : Amos Chapple)

L'avènement des drones civils, utilisés au départ uniquement à des fins militaires, a permis à de nombreux photographes amateurs comme professionnels de repousser les limites de leur art. Amos Chapple fait partie de cette génération qui a profité de "l'âge d'or" de la photographie par drone, courte période entre la banalisation et popularisation des drones au grand public, disponibles à des prix abordables et leur encadrement par la loi. Le photographe new-zélandais le dit lui-même lorsqu'il s'agit de présenter cette série : "Voici une vingtaine de photos prises par un drone qui seraient aujourd'hui complètement illégales".

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"Les drones ont ouvert un tout nouveau monde"

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Saint-Pétersbourg, le Taj Mahal, les bidonvilles de Mumbai, La Sagrada Familia de Barcelone, le Fort Bourtange aux Pays-Bas, les châteaux de Budapest et même le Sacré-Cœur à Paris, autant de lieux immortalisés pour des images à couper le souffle.

Je pense que c'était un peu le rêve de tout le monde, de pouvoir observer des lieux symboliques comme si nous voyions à travers les yeux d'un oiseau. Les grues ne sont pas assez élevées, les hélicoptères ne peuvent pas aller assez près. Les drones ont ainsi ouvert un tout nouveau monde.

C'est donc toujours accompagné de son drone que Amos Chapple a parcouru le monde, à la recherche de lieux intéressants à photographier depuis le ciel, sous l'œil parfois intrigué des passants. "La réaction qui m'a fait le plus sourire, c'est lorsqu'une petite fille m'a vu en train de fixer le ciel, puis lorsque je l'ai fait redescendre et que je l'ai récupéré avec les mains, elle a demandé à sa maman "quel genre de drôle d'oiseau a-t-il attrapé ?", raconte-t-il.

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Un drôle d'oiseau qui ne lui aura apporté seulement quelques soucis avec les autorités alors qu'il faisait voler son drone près du Taj Mahal.  La plupart du temps, les policiers se posaient à ses côtés, plus intrigués qu'inquiétés par ce petit objet volant, dont il compte bien garder les secrets de son utilisation pour une photo réussie.

Ma méthode est très simple, elle coûte très peu cher et je ne souhaite pas tout dévoiler, mais sachez juste que j'ai dû m'y prendre à deux fois avant d'obtenir la bonne technique et donc le résultat escompté.

Le temple du Lotus à Dehli. (Crédit Image : Amos Chapple)

Le temple du Lotus à Dehli. (Crédits Image : Amos Chapple)

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"Je pense qu'une législation est nécessaire"

Interdiction de faire voler les drones en zone urbaine, au-dessus de foules ou des zones sensibles, autorisations et formulaires à remplir pour les professionnels, des condamnations pouvant aller jusqu'à 75.000 € d'amende et un an d'emprisonnement pour le survol d'une centrale nucléaire en France, la loi ne rigole plus avec leur utilisation dans de nombreux pays. "Je pense qu'une législation est nécessaire. Les drones peuvent être embêtants et même dangereux, je pense donc qu'il est normal que leur utilisation soit limitée", admet le photographe avant d'ajouter :

Je suis juste content d'avoir fait tout ce travail avant que les lois sur les drones apparaissent !

Alors pour éviter d'enfreindre la loi, Amos Chapple vise désormais davantage les pays moins développés où aucune législation n'est encore vraiment entrée en vigueur. Il devrait se rendre prochainement dans un lieu reculé en Inde, visiter un site en Géorgie puis en Iran. Le photographe n'a donc pas fini de nous faire voyager.

L'église Sagrat Cor à Barcelone, vingt minutes après qu'un orage a frappé la ville. (Crédit Image : Amos Chapple)

L'église Sagrat Cor à Barcelone, vingt minutes après qu'un orage ait frappé la ville. (Crédits Image : Amos Chapple)

Pour voir davantage de photos vu du ciel prises par Amos Chapple, rendez-vous sur son site Internet. 

Par Anaïs Chatellier, publié le 17/04/2015

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