De l'art d'explorer un château abandonné

L'urbex, ce n'est pas seulement l'exploration de vieilles prisons désaffectées ou de centrales nucléaires. Avec sa série photo Wandering Castle, Guillaume Ducreux nous transporte dans un château abandonné près de la frontière belge.atmosphères

(Crédit image : Guillaume Ducreux)

L'urbex, cette pratique photographique qui consiste à visiter des lieux abandonnés armé de son appareil photo, c'est quelque chose que Guillaume Ducreux connaît bien. Depuis plusieurs années, ce photographe cultive une passion pour les endroits oubliés.

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Ce qui l'attire ?

L'envie de documenter, de garder une trace de ces endroits qui bien souvent ont une histoire et une architecture intéressantes. Illustrer avant qu'il n'y ait trop de dégradations voire même une destruction.

En déambulant dans ces différentes capsules temporelles, Guillaume Ducreux essaye de perdre pied : "On est là alors qu'on ne devrait pas y être. Les destins de ces endroits ont pris des voies sans issue et l'espace d'un instant, nous partageons ce paradoxe, coincé entre rêve et réalité".

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(Crédit image : Guillaume Ducreux)

(Crédit image : Guillaume Ducreux)

Mais attention, cette forme d'exploration n'est pas toujours légale et peut même parfois se révéler dangereuse, comme il l'explique :

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La photographie de friches et de lieux oubliés est une pratique à ne pas prendre à la légère. Au-delà des atmosphères envoutantes de ces spots se cachent beaucoup de pièges. Les rencontres peu amicales, les sols ou les plafonds en très mauvais état qui peuvent céder à n'importe quel moment.

Et de poursuivre :

Des fautes d'inattentions peuvent être la cause d'accidents graves. Partir à plusieurs et suffisamment équipé, prévenir quelqu'un de l'endroit où l'on se trouve sont des choses élémentaires et indispensables.

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(Crédit image : Guillaume Ducreux)

Entre rêve et réalité

Malgré tout, ces endroits délaissés sont les terrains de jeu favoris de ce photographe qui s'est déjà essayé aux sports extrêmes comme aux portraits. Pour sa série de photo Wandering Castle, Guillaume Ducreux a capturé la beauté fanée d'un château abandonné non loin de la frontière belge.

Il reste là quelques étagères, les murs semblent prêts à tomber et les escaliers en fer ont depuis longtemps rouillé.

(Crédit image : Guillaume Ducreux)

Ce lieu est chargé d'histoire : il s'agit d'une ancienne ferme transformée en château après la Révolution française qui fût "le siège de troupes allemandes pendant la Seconde Guerre mondiale". Dans les années 50, elle devient une "colonie de vacances pour les enfants de la SNCB [Société Nationale des Chemins de fer de Belgique, ndlr]".

Depuis, "d'étranges histoires circulent ici et là sur ces périodes troubles" souligne le photographe.

(Crédit image : Guillaume Ducreux)

Comme il l'affirme, le château est aujourd'hui "une ruine dangereuse rongée par la moisissure, les incendies et les éléments". Un  édifice difficile d'accès qui n'est plus que l'ombre de lui-même mais un endroit qui continue de convoquer des sentiments :

J'ai photographié pas mal de spots oubliés mais celui-ci restera à part. Il m'inspire terreur et fascination tant ce que j'y ai ressenti a parcouru ces deux extrêmes. On est constamment sur le qui-vive. L'adrénaline et l'endorphine sont des moteurs puissants qui nous permettent de rester constamment en éveil.

S'y promener y est assez périlleux. Alors quand on y rajoute la photographie, il faut être sûr de tout. La prise de vue requiert une attention toute particulière qui me plonge dans une sorte de bulle. J'étais comme dans un rêve éveillé.

L'endroit semble lugubre et c'est sans aucun doute grâce à la technicité de Guillaume Ducreux qu'une beauté toute particulière s'en dégage. "Certains lieux provoquent des énergies qui leur sont propres. Mixés avec la lumière et l'architecture, on essaye d'en faire sa propre interprétation" partage-t-il.

Quant à la différence entre ce genre d'images et le reste de son travail, il déclare que "la sensation unique de se promener à travers le temps n'a pas de prix". Et on ne peut qu'approuver.

(Crédit image : Guillaume Ducreux)

(Crédit image : Guillaume Ducreux)

(Crédit image : Guillaume Ducreux)

Par Sarah Barbier, publié le 21/01/2014

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