En images : des enfants d'une favela de Rio immortalisent leur quotidien

Maos na Lata est un projet éducatif créé par une photographe brésilienne pour apprendre les fondements de la photographie à des jeunes de favela. Une toute autre image des favelas.

Aujourd'hui, tout le monde peut s'inventer photographe. Appareil photo numérique ou smartphone en main, un clic suffit. À Rio de Janeiro, Tatiana Altberg, photographe brésilienne, enseigne à des jeunes du quartier Complexo da Maré, qui comprend 16 favelas, les fondements de la photographie grâce à la technique du sténopé.

Santa Teresa (Crédit Image : Juliana de Oliveira)

Santa Teresa (Crédit Image : Juliana de Oliveira)

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Des clichés pris avec un appareil photo à sténopé

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Une boîte de conserve, un trou à faible diamètre pour faire entrer la lumière, une surface photosensible à l'intérieur et le tour est joué, vous avez un appareil photo à sténopé. Alors que nos appareils photos actuels sont toujours plus sophistiqués, on oublie souvent que les procédés les plus simples peuvent fournir des clichés incroyables à la limite du réel, à condition d'être patient et imaginatif.

C'est l'idée du projet "Mão na Lata" (La Main dans la boite) fondé par Tatiana Altberg et relayé par GlobalVoices. Depuis 2003, elle enseigne à des adolescents de 11 à 17 ans cette technique pour qu'ils photographient leur vie quotidienne.

"C'est un appareil facile à fabriquer et pas cher, accessible à tout le monde. Ces adolescents ont du mal à se concentrer. Ils ne pensent qu'à l'ordinateur. La photo artisanale est un contrepoint à la technique débridée de la photo digitale", explique Tatiana Altberg au sujet de cette initiative soutenue par TV Globo, le gouvernement de Rio et Petrobas.

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Santa Teresa (Crédit Image : Juliana de Oliveira)

Santa Teresa (Crédit Image : Juliana de Oliveira)

En mêlant à la fois portraits et récits narratifs, le projet éducatif s'est fixé comme but "d'enseigner à la fois les procédés photographiques et les exercices littéraires pour permettre aux participants de développer, d'une manière multidisciplinaire, leur créativité", peut-on lire sur le site dédié.

Tatiana confirme cette idée dans une interview :

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La photographie est un excellent outil pour faire réfléchir. Faire des photos, inventer des histoires, créer des mondes permet de développer et de renforcer la façon dont ces jeunes sont avides de connaissances.

La photographie est un outil, tel un miroir, qui reflète le monde et l'homme dans ce monde. C'est cette réflexion, toujours de manière ludique, que nous essayons de transmettre à ces jeunes.

Une manière également pour l'équipe organisatrice de montrer un autre visage des favelas au Brésil dont les médias s'accordent pour ne donner qu'une seule vision centrée autour de la violence.

Praça Nova Holanda (Crédit Image : Rafael Oliveira)

Praça Nova Holanda (Crédit Image : Rafael Oliveira)

Ramos (Crédit Image : Yasmim Lopes)

Ramos (Crédit Image : Yasmim Lopes)

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Praça Nova Holanda (Crédit Image : Augusto Araújo)

Palácio do Itamaraty (Crédit Image : Jonas Willami Ferreira)

Palácio do Itamaraty (Crédit Image : Jonas Willami Ferreira)

Arcos da Lapa (Crédit Image : Nicole Cristina da Silva)

Arcos da Lapa (Crédit Image : Nicole Cristina da Silva)

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(Crédit Image : Jailton Nunes)

Depuis l'année dernière, les photos des jeunes sont compilées dans le livre "“Cada Dia Meu Pensamento é Diferente” (chaque jour mes pensées sont différentes). Pour voir davantage de photos, rendez-vous sur le site de "Mão na Lata".

-> À lire également : Des enfants d'une favela à Rio photographient leur rapport au foot

Par Anaïs Chatellier, publié le 21/11/2014

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