En images : en Roumanie, les salons sont des invitations au voyage

Sur Internet, on tombe parfois sur de drôles de projets. Le dernier en date nous a emmené dans des salons de la Roumanie. Ils ont l'étonnante particularité d'inviter au voyage.

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Des lacs, des forêts, des palmiers, des arbres, des chutes d’eau ou des plages vierges : les photographies sont immenses mais on ne les observe pas dans une exposition, via un onglet Internet ou sur les pages d'un album de vacances, développées et bien encadrées. Non.

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Pendant un an, Lucian Bran a recherché ces images de nature dans un contexte bien précis : il fallait qu'elles soient disposées dans des maisons roumaines, apposées sur des murs, comme du papier peint, dans un salon, une chambre d'ami ou dans la cuisine.

Ce photographe diplomé de l'Université des Arts de Bucarest et basé à Brasov a ainsi effectué un travail à la frontière de la nostalgie et de l'espoir, dans un pays passé par 45 ans de dictature communiste et un certain Nicolae Ceaușescu. Le nom de la série ? Promised Lands. On a posé quelques questions au concerné.

Konbini | Comment vous est venue l'idée de photographier des papiers peints dans des maisons en Roumanie ?

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Tout a commencé voilà trois hivers, lorsque j’ai visité un bar dans une petite ville. Le lieu n’était pas si différent d’un pub ordinaire, mais le papier peint dénotait. Vu que c’était la période de Noël, tout était décoré avec des guirlandes. Du coup, deux ou trois mois après cette "rencontre" qui m’avait marquée, je suis revenu et j’ai réalisé une première série, Land 1.

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J’ai initié cette série deux ans plus tard, après des projets qui n’avaient pas abouti. Je voulais concrétiser un projet qui puisse me représenter et parler de mon intérêt à la fois pour la nature et l’humain. Mais cette fois-ci, mon objectif artistique était d'être plus conceptuel, plus imposant.

K | Combien de temps vous a-t-il fallu pour travailler cette série ?

Cela m’a pris une année entière pour dégoter environ 20 papiers peints histoire d'en sélectionner une dizaine. Ça a été très difficile de les dénicher. J’ai demandé à des amis puis à des amis d’amis.

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J’ai même fait publier une petite annonce dans le journal local et disitribué des flyers dans la rue ou à des arrêts de bus. Dessus, il était écrit que j’offrais de l'argent à celui qui me laisserait photographier le “wallpaper” de sa maison. Une seule personne m’a appelé. Je pense que les gens étaient plutôt suspicieux, étant donné que l’annonce était particulièrement originale par rapport aux traditionnelles petites annonces.

Finalement, j’ai réussi à faire des photos dans quatre villes de Roumanie : Bucarest, Ploiești, Brașov et Sfântu Gheorghe.

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K | Sur les images, on peut voir des chutes d’eau, des lacs ou des forêts : pour les Roumains, c’est une manière de s’évader sans bouger de chez soi ?

Dans les années 80, lorsque le régime communiste était dur, il était difficile de trouver de nouveaux biens, des biens importés. Résultat, les gens désespéraient de posséder quelque chose de cool. Je ne sais pas où ils se sont procurés ces immenses photographies, mais elles ont apporté une touche de couleur dans la maison comme dans l’âme des habitants.

C'est pour cette raison que j’identifie ces papiers peints à des "terres promises" [le nom de sa série étant Promised Lands, ndlr]. Je suis sûr que là-bas, ces murs kitsch sont des objets de rêverie que l’on contemple avec optimisme.

Publié le 16 septembre 2014 à 16h09.

Par Louis Lepron, publié le 16/09/2014

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