En images : la décadence d'un géant de la photo nommé Kodak

Icône du monde de l'image, Kodak n'est plus depuis janvier 2012. La photographe Catherine Leutenegger s'est rendue à Rochester, siège originel de l'entreprise, pour illustrer son déclin.

(Crédit Image Catherine Leutenegger)

(Crédit Image Catherine Leutenegger)

Employé de banque après avoir suivi des études d'ingénierie, Georges Eastman n'a qu'un idée en tête. Dès 1877, il abandonne son emploi et expérimente dans le domaine de la photographie. Avec un objectif : en démocratiser la pratique qui reste cantonnée à une élite en raison de son coût.

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Après avoir breveté en 1879 une première méthode, Eastman crée Kodak deux ans plus tard et dépose en 1884 un brevet pour sa dernière invention, la pellicule photographique, un projet sur lequel il a été assisté de Thomas Edison.

Une innovation qui marque le début d'une success-story qui s'est achevée 130 ans plus tard.

Kodak, du siècle de l'image au couperet du numérique

Car entre temps l'entreprise américaine basée à Rochester a marqué de son empreinte celui qu'on appelle le siècle de l'image, comme disait le philosophe Gaston Bachelar du XXème siècle. Des balbutiements du photojournalisme jusqu'à des clichés cultes, Kodak est le symbole de l'essor de la photographie.

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Edmund Hillary et Tenzing Norgay en haut de l'Everest en 1953, c'est signé Kodak

Edmund Hillary et Tenzing Norgay en haut de l'Everest en 1953, c'est signé Kodak

Victime de l'antitrust qui entame son monopole et ouvre à la concurrence le marché des pellicules dès 1954, de mauvais choix stratégiques, et en dernier lieu de son retard par rapport à l'émergence du numérique, l'enreprise est peu à peu détrônée par Canon, Fujifilm ou Nikon, elle qui a pourtant développé un premier modèle d'appareil photo numérique dès 1975.

Kodak a finalement déposé la clé sous la porte le 19 janvier 2012. Il ne reste plus qu'à Antonio M. Perez, le PDG de l'époque, de liquider les meubles et vendre les derniers brevets en possession de la firme pour payer les dettes.

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Catherine Leutenegger à Kodak City

Catherine Leutenegger, photographe suisse, s'est rendue deux fois à Rochester où la maison mère de l'entreprise au logo si iconique est installée depuis la création. Une première fois en 2007, et une seconde en 2012. Elle en a tiré un livre, Kodak City, où elle documente sur papier glacé les "beaux" restes de l'un des fleurons de l'industrie américaine.

Mélange de désolation urbaine, de vide, et de déco' d'un autre âge, elles montrent ce qu'il reste une fois que la chaleur humaine a déserté : du béton froid et des bribes de vie, au sein d'une ville qui semble avoir tout perdu. Dans sa série, Catherine Leutenegger enterre par l'image une firme qui a dédié toute sa vie à la photographie. Un tragique paradoxe.

Le livre est en commande par ici (sur Amazon) ou par là (sur le site de l'artiste).

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Crédit Image Catherine Leutenegger

Crédit Image : Catherine Leutenegger

Crédit Image Catherine Leutenegger

Crédit Image : Catherine Leutenegger

Catherine Leutenegger

Crédit Image : Catherine Leutenegger

Catherine Leutenegger

Crédit Image : Catherine Leutenegger

(Crédit Image : Catherine Leutenegger)

Crédit Image : Catherine Leutenegger

(Crédit Image : Catherine Leutenegger)

Crédit Image : Catherine Leutenegger

Crédit Image : Catherine Leutenegger

Crédit Image : Catherine Leutenegger

Le signe Kodak brille de milles feux - Crédit Image Catherine Leutenegger

Le signe Kodak brille de mille feux - Crédit Image Catherine Leutenegger

Par Tomas Statius, publié le 03/06/2014

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