En images : plongée dans les photographies surréalistes d'Epectase

Jusqu'au 8 mars prochain, le Centquatre à Paris accueille Circulation(s), le festival de la jeune photographie européenne. À cette occasion, nous avons choisi de nous intéresser à l'un des duo sélectionné, Epectase, et à leur série Le Philosophe, sorte de manifeste de l'absurde. Interview surréaliste.

© Epectase

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Pour sa cinquième édition, le festival Circulation(s) propose un regard croisé sur l’Europe à travers l'objectif de plusieurs artistes : celui des jeunes photographes sélectionnés par un jury, des invités (une galerie et une école) et la carte blanche de la marraine de cette édition, Nathalie Herschdorfer, directrice du Musée des beaux-arts de la ville du Locle, en Suisse.

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Suite à un appel à candidatures international, plus de 600 photographes des quatre coins de l'Europe ont envoyé leurs dossiers. Jugés sur leur qualité artistique, la pertinence de leur travail et la vision personnelle qu’ils expriment, la sélection finale a été faite par un jury réuni sous la houlette de José Manuel Gonçalvès, le directeur du Centquatre, et de la marraine du festival. À la clé, un “coup de coeur” qui donne la possibilité d’une résidence au sein de l’établissement, auquel concourront cette année 21 jeunes photographes.

Parmi eux, Epectase et leur série Le Philosophe. Derrière ce mot à l'état de grâce mortel se cache Corentin Fohlen et Jérôme von Zilw. Le duo qui vit et travaille en France, joue avec absurdité dans un monde absurde. Leur série surréaliste qui mêle poésie urbaine et controverse est le fruit d’événements improvisés, nés de la recherche, au gré de voyages, de lieux propices à la perturbation, à la réinvention.

Nous avons donc posé quelques questions au duo au sujet de leur travail. Ils ont répondu d'une seule voix, et leurs explications sont à l'image de leur univers visuel.

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Konbini | Pouvez-vous me raconter vos parcours respectifs ?

Epectase Durant des années, nous avons, chacun, profondément trempé nos mains dans le réel. Nous les essuyons maintenant sur nos tableaux, tels des enfants.

K | Comment vous êtes-vous rencontrés ?

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En contrebas d’une falaise de boue, en famille. Chaque année, la falaise, balayée par la pluie, se déplace, s’effondre un peu.

K | Qu’est-ce qui vous a donné envie de travailler ensemble ?

Les chiots se reconnaissent. Une balle de tennis éventrée les amusera des jours durant.

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K | Quelle est votre façon de procéder/créer ?

Nous naviguons sans but et sans répit, des fourmis dans les pieds. Les caddies, les tôles s’entrechoquent sous nos crânes. Nous nous disputons beaucoup, et le mince territoire mental que nous avons en commun sera notre terrain de jeu. Parviendrons-nous à le rendre universel ?

© Epectase

© Epectase

K | Pourquoi le nom "Epectase" ?

Mourir dans l’orgasme est la meilleure autoroute vers Dieu.

K | Qu’est-ce que ça vous fait d’avoir été sélectionnés au festival de la Jeune Photographie Européenne ?

Notre continent sombre, qui lancera la bouée ?

K | L’une de vos photos a même été choisie pour l’affiche …

Ah bon ?

K | Vous avez été sélectionnés avec votre série « Le Philosophe »,  comment vous est venue cette idée de série ?

Mars 2012, Amours Mièvre. Une forêt vide. Corps froids d’avoir trop roulés dans le froid. La vision d'une armée d'arbres, tout comme l'armée de l'empereur Qin.

K | Il y a aussi une vraie dimension humoristique, que l'on retrouve dans votre série Le Propriétaire, pensez-vous que ce soit un bon moyen pour véhiculer des idées ?

Chacun de nous est un Propriétaire.

© Epectase

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K | Qu'est-ce qui vous influence au quotidien ?

Notre instinct de vie.

K | Si vous deviez choisir le travail d’un photographe, vous choisiriez lequel ?

Le Caravage.

K | Quels sont vos projets ?

Être présidents du monde et transformer les océans en barbe à papa.

© Epectase

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© Epectase

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Par Constance Bloch, publié le 23/02/2015

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