En images : Rémy Soubanère fige les nuits de Paris

Pas facile de cerner Rémy Soubanère, photographe entre autres, de son état. Quand tout le monde dort, il sort son appareil et déambule dans les rues de Paris, vides et silencieuses.

© Rémy Soubanère

© Rémy Soubanère

Arrivé en ville il y a cinq ans, Rémy Soubanère, photographe d'une trentaine d'années, fuit l'affluence du jour, et préfère nettement le silence de la nuit. La foule, il l'a en horreur. D'où sa volonté de vivre en total décalage. Il confie aussi une certaine fascination pour l'ambiance nocturne de la ville.

Publicité

La nuit m'a toujours attiré. À ces heures, tout change : la lumière, le bruit, le rythme. Le vacarme du monde se tait. Les espaces se vident et se remplissent d’autre chose. Le temps qui s'écoule n'est plus celui du quotidien. Il est remplacé par le temps que prend un mur pour se couvrir de végétation ou de graffiti, un bâtiment pour s'écrouler sur lui-même.

Rémy n'a pas toujours vécu en France. Sans donner d'indice sur son pays d'origine, il avoue avoir beaucoup bougé entre Londres, Bordeaux puis Paris. S'il s'aventure de Saint-Denis à Montmartre en passant par Barbès, ce n'est pas tant Paris qu'il veut mettre en valeur dans ses clichés mais "une suspension du temps". Il s'explique :

Paris et sa banlieue ne sont pas tant le sujet de mes images. C'est simplement l'endroit où je suis qui compte. N'importe quelle ville ayant une échelle plus grande que celle de ses habitants ferait l’affaire.

Publicité

© Rémy Soubanère

© Rémy Soubanère

Cette série de photo, commencée cet été, principalement entre 2h et 5h du matin, il la décrit comme une "une dystopie plutôt qu’une réalité définie." Peut-être parce qu'il s'attarde, en grande partie, sur des lieux de Paris un peu oubliés, et pas vraiment glamours.

J'aime bien photographier des coins qui ne sont pas trop propres, où on sent que la vie et le temps sont passés. Je trouve parfois très beaux des endroits qui ne sont pas censés l'être. Un lieu peut être beau ou glauque, cela dépend de la façon dont on le regarde.

Publicité

À travers ses clichés, on découvre la capitale à peine reconnaissable, parfois inquiétante, mais étrangement belle. Une sorte de Paris parallèle. Rémy affirme qu'une photo "c'est souvent quelque chose que l’on essaie de sauver". Tente-il de sauver ces lieux déserts inondés par la nuit ? Une fois encore, Rémy ne veut pas trop en dévoiler.

"S'inspirer de ce qui m'entoure"

Le photographe travaille en autodidacte depuis 10 ans, mais déclare faire de la photo depuis tout petit. À l'époque, il œuvrait avec l'appareil de son père. Plus tard, quand il a trouvé un emploi, sa première paye est passée dans l'achat de matériel. Un matériel qu'il veut avant tout "léger et le plus discret possible", parce qu'il "déteste être trop encombré".

© Rémy Soubanère

© Rémy Soubanère

Publicité

Pour ce qui est de ses goûts personnels, il avoue avoir un faible pour le couple de photographes allemands, les Becher. "J'aime bien leur tentative de disparaître de la photo, d'être objectif. Je porte aussi une affection particulière pour Raymond Depardon et Araki".

Ce sont pourtant Nan Goldin, Antoine D’Agata ou encore David Nebreda qui le touchent le plus. Pour quelles raisons ? "Leur faculté à emmener la photographie au plus profond de leur intimité". Il y voit dans leur façon d'aborder la photo "une expérience des limites de l’intime et des marges des sociétés."

Autant d'inspirations diverses qui, selon lui, n'ont pas vraiment de liens avec sa série. Pour Rémy, ce ne sont pas directement ces artistes qui influencent son travail, mais tout ce qui l'entoure et tout ce qu'il voit."J’ai toujours mon appareil avec moi, quand une photo se présente à moi, je la prends."

La série qu'il présente ici, il l'envisage comme "un flux" qu'il alimente constamment. "Ce n’est qu’un début, un décor pour ce qui va suivre… Ce travail est encore jeune et loin d’avoir une forme arrêtée." Et quand on essaie d'en savoir plus sur ses projets futurs, il répond simplement : "J’ai plusieurs idées que je préfère garder pour moi." La part de mystère savamment entretenue.

© Rémy Soubanère

© Rémy Soubanère

© Rémy Soubanère

© Rémy Soubanère

© Rémy Soubanère

© Rémy Soubanère

© Rémy Soubanère

© Rémy Soubanère

© Rémy Soubanère

© Rémy Soubanère

© Rémy Soubanère

© Rémy Soubanère

© Rémy Soubanère

© Rémy Soubanère

© Rémy Soubanère

© Rémy Soubanère

Konbini-Xport (11 sur 17)

© Rémy Soubanère

© Rémy Soubanère

© Rémy Soubanère

© Rémy Soubanère

© Rémy Soubanère

© Rémy Soubanère

© Rémy Soubanère

© Rémy Soubanère

© Rémy Soubanère

© Rémy Soubanère

Par Juliette Geenens, publié le 20/11/2015

Copié

Pour vous :