Quand un photographe entre dans la maison des Rolling Stones en 1965

En 1965, alors en passe d'être les stars qu'ils deviendront par la suite, les Rolling Stones ouvraient les portes de leur foyer au photographe Bent Rej afin qu'il les immortalise dans l'intimité de leur "chez-soi". Aussi kitsch que fascinant. 

Home, sweet home, dit l'adage anglo-saxon. Ce n'est sans doute pas les Rolling Stones qui diraient le contraire. Après avoir partagé "un appartement sordide" dans "un quartier démodé de Chelsea" peu avant 1965, les rockeurs britanniques vivent enfin confortablement de leur musique grâce à un hit numéro un dans le Royaume, "The Last Time". N'ayant plus la nécessité de partager un taudis insalubre à cinq, ils se permettaient alors de s'installer chacun dans leur propre demeure, et ce pour la première fois de leur vie.

Le photographe Bent Rej était présent pour immortaliser chacun des membres du groupe de rock le plus dangereux d'Angleterre dans l'intimité de son confortable foyer. Le photographe publie ces clichés en avant-première dans le Daily Mail en vue de publier le livre The Rolling Stones In The Beginning.

Publicité

En fait, il n'y a pas vraiment de surprise dans ces clichés des mauvais garçons. Si ce n'est le rappel que l'image qu'on façonnait d'un artiste à l'époque devait le suivre pas-à-pas dans chacune de ses représentations dans les médias : Bill Wyman est le mec sympathique, Brian Jones le sale gosse prétentieux, Keith Richards la part d'ombre du groupe... Chacun est dans son rôle comme dans une paire de vieilles pantoufles.

Ce qui est sûr toutefois c'est que ceux qui allaient enflammer la Terre entière avec "(I Can't Get No) Satisfaction" dans quelques mois se montrent fiers comme des poux devant leur intérieur habillé avec goût (ça, c'est discutable) et quelques possessions-clé mises en valeur.

Brian Jones (Crédits image : Bent Rej/Taschen)

Brian Jones (Crédits image : Bent Rej/Taschen)

Publicité

Ambiance détente, les petons à la fraîche pour Brian Jones à l'année de ses 23 ans. Bien en évidence sur son meuble radio dernier cri, trônent un disque d'or et une photo de lui-même. Mis en valeur par ce papier peint doré. Oui, avant de passer de vie à trépas à cause d'un cocktail de drogues et d'alcool dans sa piscine un beau jour de 1969, le guitariste maudit s'aimait beaucoup.

Charlie Watts (Crédits image : Bent Rej/Taschen)

Charlie Watts (Crédits image : Bent Rej/Taschen)

Chic, n'est-ce pas ? Notez comment la chemise de Charlie Watts s'accorde parfaitement aux longs rideaux de son appartement de Gloucester Place. Il ne faut pas oublier que malgré la peur qu'ils inspireront auprès de millions de parents voyant leurs adolescentes chéries tomber dans les griffes de l'adoration des Stones, le quintet a reçu une éducation bien moins populaire que les Beatles. Eh oui, peu avant cette série de photos, ils étaient encore en école d'art.

Publicité

Keith Richards (Crédits image : Bent Rej/Taschen)

Keith Richards (Crédits image : Bent Rej/Taschen)

À l'âge de 21 ans, Keith Richards était déjà doté d'un certain aplomb. Assez, en tout cas, pour s'installer dans une suite de l'hôtel Hilton avec balcon et vue sur Hyde Park. Sa photo témoigne déjà de cet état de fait et l'air dur dans son regard donne bel et bien l'impression que rien ne lui faisait peur à l'époque.

Selon le Daily Mail, l'appartement lui coûtait alors 28£ par nuit. Aujourd'hui, il lui faudrait débourser 1 929£ pour retrouver ce foyer.

Publicité

Mick Jagger (Crédits image : Bent Rej/Taschen)

Mick Jagger (Crédits image : Bent Rej/Taschen)

Vous ne le remarquerez sans doute pas tout de suite, mais ce qui est le plus frappant dans cette photo de Mick Jagger, ce sont les deux téléphones. Le chanteur des Stones, l'air plus arrogant que jamais, montre ici un confort des plus modernes.

Entre un château dans la vallée de la Loire, un véritable empire immobilier à Londres et une propriété sur une île privée dans les Caraïbes, Mick Jagger prouve aujourd'hui que les acquisitions immobilières haut de gamme l'ont toujours intéressé.

Bill Wyman (Crédits image : Bent Rej/Taschen)

Bill Wyman (Crédits image : Bent Rej/Taschen)

Finalement, c'est le moins légendaire des Stones qui crée la différence. Bill Wyman, alors 28 ans et l'aîné du groupe, s'est contenté de déménager dans un appartement au-dessus de la concession automobile familiale. Des rideaux à sa collection de disques apparente, en passant par ses tableaux et sa façon de se tenir, tout dans son intérieur respire la modestie et rejette l'extraordinaire.

Par Théo Chapuis, publié le 02/01/2015

Copié

Pour vous :