Stephen Shames a passé 30 ans à photographier les kids du Bronx

Le photographe Stephen Shames va voir son travail photographique sur les enfants du Bronx compilé dans un livre, à paraître en octobre. Retour sur le travail de ce photographe, tant immergé dans ce triste quartier que c'est un peu devenu le sien.

The Bronx: 30 Year Documentation 1977-2000

Stephen Shames est un photojournaliste américain dont nous n'avions jamais entendu parler jusqu'ici... et c'est bien dommage. Il est décrit sur Wikipédia comme un "vétéran" qui, pendant 45 ans, s'est servi de sa passion de la photographie de rue pour dévoiler les fractures de la société des Etats-Unis, avec un regard particulier sur la pauvreté infantile, les inégalités et le racisme.

Publicité

Dès 1977, Stephen Shames a documenté en photo le quotidien d'un groupe de jeunes garçons qui grandissaient dans le Bronx, l'un des quartiers les plus pauvres et les plus violents du pays. A l'époque, son travail avait été publié par le magazine new-yorkais Look Magazine. Ce qui a commencé comme un travail à la Larry Clarke est devenue l'obsession de sa vie. En fait, il a travaillé pendant plus de trente ans sur ces jeunes garçons, depuis leur enfance jusqu'à ce qu'ils atteignent l'âge adulte.

Bronx Boys, de 1977 à 2001

Nombre des sujets de Stephen ont péri entretemps, victimes de la pauvreté ou de la consommation de drogue. Il a capturé cela pour l'éternité dans une série de photos intime et touchante. L'intégralité du résultat est aujourd'hui tout près de voir le jour dans Bronx Boys, un livre publié par les éditions de l'Université du Texas, en octobre 2014. Ci-dessous, quelques mots du photographe qui évoque ce ghetto si étrange qu'est (était ?) le Bronx.

Le Bronx a une beauté terrifiante, rigide et sévère. Comme un désert. Au premier regard, on imagine que rien ne peut y vivre. Puis on comprend que la vie y est partout. Les gens s'adaptent, survivent, et même prospèrent dans cet environnement urbain mais aussi lunaire, repaire de plaisirs fugaces et de faux espoirs.

Au XVIè siècle, Thomas Hobbes décrivait l'état d'existence comme "la peur et le danger constants d'une mort violente ; et la vie de l'homme comme solitaire, pauvre, mauvaise, bestiale et courte". La vie est toujours ainsi dans le Bronx.

Voilà des photos de mes amis, que j'ai rencontrés lorsqu'ils étaient enfants et qui sont devenus ma famille, tout comme d'autres qui ont surgi une fois devant mon objectif avant de disparaître à jamais. Je les ai vus grandir, tomber amoureux et avoir leurs propres enfants.

Je suis souvent terrifié par le Bronx. Mais parfois, je m'y sens comme chez moi. La réciprocité entre le bien et le mal, la violence et l'amour, le chaos et la famille sont les thèmes de ce travail. Mais ce n'est pas une documentation. Il n'y a pas de fil conducteur. Ici, il n'y a qu'un ressenti.

Publicité

Bronx Boys book - University of Texas Press, 2014

Bronx Boys book - University of Texas Press, 2014

Bronx Boys book - University of Texas Press, 2014

Publicité

Bronx Boys book - University of Texas Press, 2014

Bronx Boys book - University of Texas Press, 2014

Bronx Boys book - University of Texas Press, 2014

Publicité

Bronx Boys book - University of Texas Press, 2014

Bronx Boys book - University of Texas Press, 2014

Bronx Boys book - University of Texas Press, 2014

Bronx Boys book - University of Texas Press, 2014

Bronx Boys book - University of Texas Press, 2014

Bronx Boys book - University of Texas Press, 2014

Bronx Boys book - University of Texas Press, 2014

Bronx Boys book - University of Texas Press, 2014

Bronx Boys book - University of Texas Press, 2014

Le site web de Stephen, où vous pourrez retrouver d'autres de ses travaux, est par ici. N'oubliez pas de consulter ses travaux sur les Black Panthers et sur les crimes aux États-Unis.

De nombreuses photos de Shames sont la propriété du fonds permanent de la National Portrait Gallery de Londres. Des publications telles People MagazineBS Sunday MorningEsquireUS NewsFord Foundation ReportPhoto District News et American Photo lui ont consacré un portrait dans leurs pages. Il est représenté par la galerie Steven Kasher et l'agence Polaris Images.

Article écrit par Jordan Gold pour Konbini UK, traduit par Theo Chapuis.

Par Konbini, publié le 26/09/2014

Copié

Pour vous :