Vidéo : dans l'intimité de la mafia japonaise

Le photographe belge Anton Kusters nous plonge dans les entrailles des yakuza, qui constituent aujourd'hui l'une des plus grandes organisations criminelles du monde.

Pendant deux ans, Anton Kusters a photographié les yakuza. Photo prise à Shinjuku (Tokyo) en 2010 © Anton Kusters

Pendant deux ans, Anton Kusters a photographié les yakuza. Photo prise à Shinjuku (Tokyo) en 2010 © Anton Kusters

Vieille d'un peu plus de trois siècles, la mafia japonaise compte aujourd'hui près de 500 000 membres, ce qui en fait une des plus grandes (sinon la première) organisations criminelles du monde.

Publicité

Ses membres, appelés les yakuza, font l'objet de fantasmes aussi sanguinaires qu'incroyables. En cause ? Les nombreux films et autres médiatisations qui ont fait d'eux des hommes inévitablement tatoués, sanguinaires, un sabre scotché à la main... bref, des êtres sans foi ni loi.

Pourtant, lorsqu'on se penche véritablement sur le sujet, c'est une autre vérité qui se dessine. Certes, certains se coupent une phalange en guise d'expiation ; mais on ne peut les résumer à ces seuls actes.

"Je m'attendais à entrer dans un monde aux allures de Kill Bill"

En 2003, les journalistes américains Alec Dubro et David E. Kaplan nous plongeaient à travers leur livre Yakuza dans le monde de cette organisation gigantesque, en nous en révélant les origines, les activités et le fonctionnement, qui repose entre autres sur le système indéfectible d'oyabun-kobun (une relation de père-fils, en quelque sorte).

Publicité

Dix ans plus tard, c'est au tour d'Anton Kusters de nous dévoiler, en images cette fois, les coulisses de ce syndicat géant. En 2009, ce photographe belge est parvenu à gagner la confiance d'une des plus grandes familles de Yakuza, qu'il a suivie pendant deux ans. À leurs côtés, il découve un monde souterrain loin de ses préjugés, régulé par l'intimidation, l'argent mais surtout le respect.

"Je m'attendais littéralement à entrer dans un monde aux allures de Kill Bill, où les gens se poursuivent avec des sabres, se décapitent et font couler le sang à flots dans la rue, explique-t-il dans une vidéo qu'il a réalisée pour The Economist, dans laquelle il raconte son expérience et dévoile ses plus belles photos. Je ne savais pas grand-chose sur eux, si ce n'est ce que j'avais appris dans les films que j'avais vus, comme tout le monde." Il ajoute :

Publicité

Mais ce que j'ai vu était un monde très différent, bien plus régulé que ce qu'on imagine et qui repose sur la pression, les apparences et le contrôle. Pas tant sur la violence. [...]

[Les yakuza] ont une relation très, très forte d'oyabun-kobun, c'est-à-dire une relation de père-fils. Il y a une hiérarchie extrêmement stricte : le numéro 1 est le boss, le numéro 2 écoute le numéro 1, le numéro 3 écoute le numéro 2... Tout est régi de façon précise.

Quant aux nouveaux membres, aux jeunes gens qu'ils recrutent dans la rue, ils se présentent à eux comme une famille alternative, et les arrache en quelque sorte de leur vraie famille pour leur offrir une meilleure vie.

Pour voir plus de photos de la série "Yakuza" d'Anton Kusters, rendez-vous sur son site.

Par Naomi Clément, publié le 22/09/2015

Copié

Pour vous :